Ligne Rouge: comment l'équipe de Macron a déstabilisé Le Pen pour le débat présidentiel de 2017

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Emmanuel Macron et Marine Le Pen lors du débat de l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle de 2017.  - Stringer - AFP
Emmanuel Macron et Marine Le Pen lors du débat de l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle de 2017. - Stringer - AFP

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Tout s'est-il joué au travers d'une phrase? À l'occasion de notre nouveau format produit par l'équipe Ligne Rouge et consacré aux coulisses des campagnes présidentielles, BFMTV vous propose de découvrir les coulisses du dernier débat de l'entre-deux-tours de 2017.

Le face à face oppose alors Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Ce dernier est alors dans une période difficile: arrivé en tête au premier tour, plusieurs couacs surviennent et ce, dès le soir de sa qualification. Des ratés qui fragilisent la suite de sa campagne, au profit de sa rivale. Alors que Jacques Chirac avait refusé de débattre avec Jean-Marie Le Pen, Emmanuel Macron accepte de se plier à l'exercice avec sa fille. Celle-ci, qui en est à sa deuxième candidature, affiche sa confiance. Un peu trop au goût de Sylvain Fort.

"Elle se dit qu'elle va l'emporter sur lui car elle est une habituée des débats, qu'elle est une boxeuse, qu'elle va l'étaler", confie face caméra l'ancien conseiller du candidat et président Macron. "Évidemment, elle se dit 'là je suis dans mon sport, donc je vais y aller à fond'. Mais on voit très bien que dans un débat présidentiel, y aller à fond, perdre son jeu de jambes, être juste dans la violence et la brutalité, c'est en fait ce qu'il ne faut pas faire", estime-t-il.

Un off piégeur la veille du débat

La Macronie veut alors la pousser franchir ce faux pas: "On essaie de l'amener à aller au bout de sa personnalité, de son style parce qu'on est convaincus que ce n'est pas le bon style pour un débat présidentiel."

La veille du débat, Emmanuel Macron est l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur la matinale de BFMTV/RMC. Le candidat d'En Marche! va alors faire passer un message aux journalistes sous forme de off. Une phrase qui a vocation à rester confidentielle, mais que le candidat espère bien voir reprise par tous les journalistes sur les plateaux de télévision.

"Emmanuel Macron menace, s'il sert de punching ball à Marine Le Pen, il indique qu'il quittera le plateau au bout d'une demi-heure", rapporte le jour-même sur notre plateau notre ancienne journaliste politique Camille Langlade.

La stratégie de la candidate du FN "désaxée"

Un verbatim qui ne manque pas de faire réagir la principale intéressée. À l'époque candidate sous l'étiquette du Front national, Marine Le Pen répond alors à la petite phrase d'Emmanuel Macron via un tweet.

"Si M. Macron ne se sent pas à l'aise, il peut toujours demander à François Hollande de venir lui tenir la main, je ne m'y opposerai pas"; écrit-elle sur le réseau social.

Le passé politique du candidat marcheur, il y a encore moins d'un an ministre de l'Économie du président socialiste, est alors une attaque reprise par les autres prétendants à la magistrature suprême. La candidate du parti d'extrême-droite tombe toutefois dans le piège tendu par son rival.

"L'équipe de Marine Le Pen prend cette fuite au sérieux, au premier degré", rapporte pour BFMTV Charles Sapin, journaliste politique au Figaro. "Et toute la stratégie de Marine Le Pen va être désaxée. Marine Le Pen va tomber dans le piège".

"Ça n'est que de la psychologie"

La suite, elle est connue. Le débat de l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle de 2017 est considéré comme le pire ayant jamais eu lieu sous la Ve République. Au lendemain de la rencontre, les éditorialistes politiques sont unanimes: Marine Le Pen sort perdante de ce débat et n'est pas parvenue à se "présidentialiser" aux yeux des Français. Le week-end suivant, Emmanuel Macron est élu président de la République.

"Ça n'est que de la psychologie. On dit que c'est un piège, mais ce n'est pas un piège, c'est de la psychologie", rétorque Sylvain Fort, conseiller d'Emmanuel Macron.

Quelques mois plus tard, Marine Le Pen concèdera sur France 2 avoir "raté" ce rendez-vous "important" avec les Français: "Cela a suscité de la déception et je suis consciente d'avoir pris part à cette déception."

Article original publié sur BFMTV.com

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