Dans la ligne de mire du Mossad

Une enquête non autorisée révèle 70 ans d’opérations clandestines et d’éliminations menées par les services secrets israéliens.

Israël avait huit ans. Le sang entachait déjà le rêve sioniste. En bordure du Negev, le 29 avril 1956, un groupe de fedayin palestiniens, venu de Gaza, s’infiltre à travers les glacis arides pour attaquer des fermiers du kibboutz de Nahal Oz. Face à eux, un homme en arme se dresse sur son cheval ; le jeune réserviste israélien Roi Rotberg se sacrifie dans une charge inutile. Mutilé, énucléé, son corps est exposé dans la tranchée qui marque la frontière d’Israël. Le raid est un succès pour l’officier de renseignement égyptien Moustapha Hafez et son homologue attaché militaire en Jordanie, Salah Moustapha, qui coordonnent les opérations de guérilla menées par Le Caire.

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Depuis quatre ans, un millier de civils ont été tués. Sur la tombe de Roi Rotberg, le chef d’état-major Moshe Dayan prononce un éloge funèbre en forme de doctrine de combat : « Nous ne détournerons pas les yeux de crainte d’affaiblir nos mains. C’est le destin de notre génération. » La riposte ciblée arrive deux mois plus tard, le 11 juillet. Au quartier général du renseignement militaire de Gaza, un Bédouin tend précipitamment un colis à l’officier de renseignement égyptien Hafez : le livre des codes de chiffrage israéliens. Hafez le saisit avec excitation. A l’intérieur, un ressort libère un bras qui perce un détonateur et déclenche une charge de 300 grammes d’explosifs. Le même jour, à Amman, en Jordanie, l’autre responsable de la mort de Roi, Salah Moustapha, passionné d’histoire militaire, découvre dans un courrier posté de Jérusalem-Est « Achtung Panzer ! », la bible de l’arme blindée écrite par le général Guderian, le père du concept de Blitzkrieg. Le Panzer lui explose à la figure.(...)


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