Le lieutenant-colonel Isaac Zida, nouvel homme fort du Burkina Faso

Le Lieutenant-Colonel Yacouba Isaac Zida (c) le 1er novembre 2014 à Ouagadougou, au Burkina Faso
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Le lieutenant-colonel Isaac Zida, désigné samedi par l'armée pour conduire le régime de transition au Burkina Faso après la chute du président Blaise Compaoré, est un militaire de carrière jusqu'ici resté dans l'ombre. Les hauts gradés de l'armée burkinabè ont préféré cet officier protestant de 49 ans au chef d'état-major des armées, le général Nabéré Honoré Traoré, considéré comme trop proche de l'ancien président, pour conduire la transition institutionnelle et politique. Commandant en second du Régiment de sécurité présidentielle, une unité d'élite de l'armée qui assurait la sécurité de M. Compaoré, M. Zida est aussi un proche du général Gilbert Diendéré, le chef d'état-major particulier de l'ex-chef de l'Etat, dont on est sans nouvelle. "Il fait partie des mêmes réseaux que Diendéré. Certains se méfient de lui", observe une source sécuritaire, selon laquelle les deux hommes sont originaires de la même région. Solide gaillard à la fine moustache et aux lunettes sans montures, Zida a, selon l'un de ses frères d'arme, été formé au Centre d'entraînement commando de Pô (sud du Burkina), un lieu stratégique pour le pouvoir. "C'est un bon vivant qui n'hésite pas à troquer le treillis contre le costume pour parcourir les discothèques de Ouaga", d'après un de ses proches. Titulaire d'un master en management international de l?université Jean Moulin de Lyon, il a intégré la garde présidentielle en 1996. Officier discipliné, le lieutenant-colonel Zida a exercé entre 2008 et 2009 comme Casque bleu au sein de la Mission onusienne en République démocratique du Congo, a indiqué à l'AFP l'un de ses membres, avant de suivre en 2012 une formation antiterroriste en Floride. Originaire de Yako, dans la province du Passore, dans le centre du Burkina Faso, Isaac Zida a suivi des cours de perfectionnement militaire au Maroc et des cours d'état-major au Cameroun, d'après un militaire ayant évolué à ses côtés. Très respecté par la troupe, cet officier discret et calme a semblé au départ être soutenu par une partie de la société civile pour prendre la tête de la transition, avant que celle-ci ne réclame finalement, avec l'opposition, un pouvoir civil. Dans la rue, les avis sont partagés: sur les panneaux brandis dimanche par les manifestants, on pouvait lire "Non à la confiscation de notre victoire, vive le peuple!", ou "Zida dégage", "Zida c'est Judas", tandis qu'un autre manifestant brandissait cette pancarte: "Pas d'opportunisme, nous aimons le colonel mais nous préférons un civil". Quand a éclaté en 2011 une mutinerie militaire qui, déjà, faillit emporter le régime de Blaise Compaoré, il fut l'un des rares au sein de la garde présidentielle à être épargné par les mutins, quand les autres gradés subissaient la furie des soldats, ont expliqué un militant des droits de l'Homme et une source militaire à l'AFP. Et durant la crise ivoirienne (2002-2011) ayant entraîné la chute de l'ex-président Laurent Gbagbo, il fut un officier de liaison dans le cadre de la médiation que menait Blaise Compaoré, selon une source onusienne. "Ce qui nous inquiète, c'est que c'était un adjoint au Régiment de sécurité présidentiel. Est-ce que Blaise (Compaoré, réfugié en Côte d'Ivoire) n'est pas à la man?uvre?", s'interroge une source sécuritaire occidentale. "En ce moment on peut lui parler à l'oreille (...) mais quand il sera au pouvoir, il pourra faire cavalier seul", a poursuivi cette même source.

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