Libye: «unifier le pays», le défi numéro un du nouveau Premier ministre

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Abdel Hamid Dbeibah a été élu Premier ministre libyen intérimaire, samedi 6 février, à Genève, et s’est engagé à reconstruire le pays, promettant d’écouter et de travailler « avec tous les Libyens ». La reconstruction du pays ne fait que commencer.

Abdel Hamid Dbeibah est originaire de Misrata (ouest), près de Tripoli. Cet ingénieur de 61 ans bénéficie d’un carnet d’adresse touffu. Une expérience acquise notamment sous le régime de Mouammar Kadhafi, au moment où Tripoli avait connu un essor industriel important.

Abdel Hamid Dbeibah faisait partie du cercle restreint de Kadhafi. Il avait ainsi dirigé la Compagnie libyenne d'investissement et de développement (la Lidco), une société étatique, à travers laquelle il a mené de vastes projets de construction. Il fait alors fortune dans le secteur du bâtiment.

De 1989 à 2011, Abdel Hamid Dbeibah est chef de projets de l'Organisation pour le développement des centres administratifs (ODAC), l’autre géant des investissements libyens, chargé de moderniser les infrastructures.

Aujourd’hui, Abdel Hamid Dbeibah dirige une holding dont les filiales s’étendent jusqu’en Turquie, où il jouit d’une certaine proximité avec les autorités.

Propulsé Premier ministre par intérim, Abdel Hamid Ddeibah promet une « réconciliation nationale ». Pas évident en seulement dix mois de sortir le pays du marasme économique tout en organisant des élections… après plus d’une décennie de conflits qui ont totalement déstructuré la Libye.

Les défis à venir sont donc nombreux pour Abdel Hamid Dbeibah et son équipe. Le premier d'entre eux, selon le chercheur Jalel Harchaoui à la Global Initiative, sera d'unifier le pays, notamment autour de son futur gouvernement.

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Exprimer de la « bonne foi »

« En attribuant des ministères clefs aux factions de l’Est, dit Jalel Harchaoui, il a le moyen d’exprimer de la bonne foi et pouvoir vraiment raccorder et ramener les gens de l’Est à ce sentiment d’appartenir à ce nouveau gouvernement. Donc, le premier test, c’est la façon dont il va constituer son cabinet et aussi la façon dont il va peupler les postes très importants, les institutions régaliennes comme la Banque centrale par exemple. Le gouverneur pourrait être un individu de l’Est et cela contribuerait à diminuer les tensions. »

« Juste milieu »

« Après, dit encore ce chercheur à la Global Initiative, il faut que son gouvernement soit confirmé et s’il est confirmé, il faut qu’il trouve une façon de mener un agenda sécuritaire au niveau de la police, au niveau du combat contre le crime, du démantèlement des milices qui ne soit ni trop sévère ni trop complaisante. Il faut qu’il trouve un bon juste milieu. Ce n’est pas impossible. Et au niveau Défense, il faut pouvoir jongler avec le fait qu’il y ait une partie de la Libye qui est devenue sous influence turque et une autre où il y a les Égyptiens, les Émiratis et évidemment des milliers de mercenaires russes ».

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