«En Libye, il y a une porosité entre les centres de détention officiels et les prisons clandestines»

Libération.fr
Des migrants africains lèvent les bras pour protester contre leur détention, réclamant leur transfert vers l'Europe, au sud de Tripoli, le 2 février.

Pierre Mendiharat, de Médecins sans frontières, revient sur le travail «particulièrement complexe» de l'ONG en Libye.

Directeur adjoint des opérations de Médecins sans frontières, Pierre Mendiharat est de retour d’une visite en Libye, où l’ONG intervient notamment pour offrir des soins aux migrants subsahariens en quête de travail ou d’un passage vers l’Europe.

Où peut travailler MSF, dans un pays comme la Libye ?

C’est un terrain particulièrement complexe pour nous, à cause de l’extrême fragmentation du conflit. Chaque région, chaque ville, parfois chaque quartier, requiert une négociation avec une milice ou une autorité en place. Il n’existe pas, en Libye, de vaste camp de réfugiés ou de déplacés. Nous avons une opération en cours à Benghazi, où nous travaillons avec les habitants qui ont été chassés de chez eux par les combats et les destructions, et deux autres à Misrata et Beni Walid, à destination des migrants. MSF Pays-Bas a aussi une mission à Tripoli. Dans les centres de détention officiels de Misrata et Khoms, sur la côte, nous pouvons mener des consultations externes. A Beni Walid, l’un des principaux hubs de kidnapping et d’extorsion, nous intervenons ponctuellement dans le local refuge d’Al-Salam, une association qui s’était initialement constituée pour offrir des sépultures aux migrants et qui procède à plusieurs dizaines d’enterrements chaque mois. Des cellules de l’Etat islamique échappées de Syrte [où l’organisation jihadiste a été défaite en décembre 2016, ndlr] sont actives dans la zone, ce qui complique notre action.

Dans les centres que vous avez visités, quelles sont les conditions de détention ?

En Libye, tout étranger dénué de visa est passible de prison. Les centres de détention, ce sont souvent des centaines de personnes entassées dans un hangar. Une fois par jour, on leur donne un plat de pâtes. L’accès aux sanitaires est catastrophique. Or ce sont les lieux officiels, alors imaginez les prisons clandestines… Surtout, il y a une (...)

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