Libye: le nouveau gouvernement Dbeibah investi

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Le Premier ministre libyen Abdel Hamid Dbeibah et son gouvernement d’union nationale, qui doivent gérer la transition jusqu'aux élections prévues le 24 décembre prochain, ont prêté serment ce lundi 15 mars. Abdel Hamid Dbeibah a été désigné sur fond d’accusation de corruption il y a plus d’un mois, le 5 février, dans le cadre d'un processus politique parrainé par l'ONU pour sortir la Libye d'une décennie de chaos et de violences.

Le Premier ministre Abdel Hamid Dbeibah, ses 32 ministres et ses 2 vice-Premiers ministres ont juré « préserver l'unité, la sécurité et l'intégrité » de la Libye.

Initialement prévue à Benghazi, berceau de la révolte qui a entraîné la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la cérémonie d’investiture s'est finalement déroulée, pour des raisons logistiques, au siège provisoire du Parlement, installé dans la ville portuaire de Tobrouk en 2014, à 1 300 kilomètres à l'est de la capitale Tripoli.

Plusieurs ambassadeurs ainsi que le président du Parlement libyen étaient présents. Un important dispositif de sécurité était déployé dans la ville.

Depuis des années, le pays est scindé en deux camps, à savoir le Gouvernement d'union nationale (GNA) de Fayez el-Sarraj, à l'Ouest, reconnu par l'ONU, et le cabinet parallèle d'Abdallah al-Theni, non reconnu par la communauté internationale, à l'Est, région contrôlée par les forces du maréchal Khalifa Haftar. Ni Fayez el-Sarraj ni Abdallah al-Theni n'étaient présents lors de la prestation de serment ce lundi.

« Des acteurs ne souhaitent pas le succès de ce gouvernement »

Abdel Hamid Dbeibah et son gouvernement de transition prennent donc officiellement leurs fonctions dans un pays qui reste miné par les luttes d'influence, le poids des milices, la présence de combattants étrangers ainsi que par la corruption. Ils auront la lourde tâche d’organiser des élections à la fin de l’année mais aussi d’essayer de redresser l’économie, exsangue, et d’unifier les institutions.

Pour Hasni Abidi, directeur du Centre d’études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen, le plus dur reste à venir : « La mission d'u nouveau gouvernement est très délicate. Il s'agit de s'imposer comme l'acteur unique chargé d'organiser les élections. Bien sûr avec les questions économiques, les questions sécuritaires et les questions sociales. »

Car le nouvel exécutif doit faire faces aux luttes d'influence intérieures et extérieures, au poids des milices et à la présence de combattants étrangers, près de 20 000 mercenaires dont il devra s'assurer du départ. « Plusieurs acteurs sur le plan local mais aussi sur le plan régional ne souhaitent pas du tout le succès de ce gouvernement et les hostilités peuvent reprendre à tout moment. »

Vendredi, le Conseil de sécurité de l'ONU a demandé « le retrait sans plus tarder de toutes les forces étrangères et des mercenaires de Libye ».

Le nouveau gouvernement d'unité nationale avait obtenu, mercredi dernier, un vote de confiance « historique » des députés.

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