Librairies: Pécresse appelle le gouvernement à "sauver Noël"

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Valérie Pécresse, présidente du conseil régional d'Ile-de-France, le 2 septembre 2020 à Paris

Librairies: Pécresse appelle le gouvernement à "sauver Noël"

Valérie Pécresse, présidente du conseil régional d'Ile-de-France, le 2 septembre 2020 à Paris

La présidente du conseil régional d'Ile-de-France Valérie Pécresse a appelé le gouvernement jeudi à "sauver Noël" pour les librairies en les autorisant à rouvrir à cette période cruciale pour leur chiffre d'affaires.

"Je demande au gouvernement de sauver Noël", a affirmé l'élue LR lors d'un rassemblement d'écrivains et éditeurs en soutien aux libraires à Paris.

"Ça veut dire de faire en sorte que nos petits commerces, nos commerces de proximité puissent rouvrir pour Noël. Que les Français puissent aller acheter pour Noël leurs livres dans leur librairie de proximité", a-t-elle ajouté.

Selon la présidente de région, "les auteurs et les éditeurs, qui souffriront peut-être un peu moins de la crise, eux, parce qu'on continuera de vendre leurs livres sur des plateformes, se mobilisent pour leurs libraires parce qu'ils les aiment, et qu'ils savent que ce relais des libraires indépendants est précieux".

Une croisière sur la Seine offerte par les Vedettes du Pont-Neuf a ensuite emmené les acteurs du livre afin qu'ils plaident leur cause.

"Tout le monde doit écrire. On doit dire non. Et sachez que dans les conversations qu'on a les uns et les autres, une grande partie du gouvernement est d'accord avec nous", a lancé l'écrivain Alexandre Jardin.

"Il n'y a pas d'unité gouvernementale. Il y a en France des ministres qui considèrent que c'est hallucinant d'aller dans un magasin, dans un Monoprix comme ça m'est arrivé dimanche dernier, où les gens achètent des yaourts et il y a des bâches sur les bouquins. Lorsque vous en parlez aux ministres du gouvernement français et vous leur demandez: +tu es fier ?+ évidemment qu'ils ont honte!", a-t-il affirmé.

Les librairies, considérées comme commerces "non essentiels", n'ont plus le droit depuis le 30 octobre que de vendre par correspondance ou sur leur pas de porte des ouvrages précommandés.

Selon une estimation préliminaire du Syndicat de la librairie française, ces modes de vente devraient assurer au maximum 20% du chiffre d'affaires réalisé en temps normal.

Le président du Syndicat national de l'édition, Vincent Montagne, a estimé que ce confinement était "bien pire" pour les libraires que celui du printemps. "C'est deux fois pire quand on réfléchit au fait que c'est l'époque où l'on vend le plus de livres, et où les éditeurs ont investi intensément, les auteurs aussi, les libraires".

"Si ça reste fermé, ça rouvrira avec moins de librairies, moins d'éditeurs, moins d'auteurs et de livres", a commenté le dessinateur de bande dessinée Joann Sfar.

"Je pense que les décideurs savent très bien l'absurdité de la décision qu'ils ont prise", a estimé le PDG des éditions Grasset, Olivier Nora.

La croisière s'est terminée par l'arrivée de la brigade fluviale de la police de Paris, qui est montée à bord de la péniche et a contrôlé les attestations de tous les passagers au moment où ils débarquaient.

"Jetez tous vos livres par-dessus bord, nous allons être contrôlés", a plaisanté l'écrivain Sylvain Tesson.

hh/may/cb