Non, la liberté n'est pas (encore) morte en France

Par Rafaël Amselem* et Alban Guyomarc’h**
·1 min de lecture
Interview télévisée d’Emmanuel Macron du 14 octobre 2020 durant laquelle le chef de l’État a annoncé de nouvelles mesures pour contrer la 2e vague de propagation du Sars-CoV-2 responsable du Covid-19, dont l’instauration d’un couvre-feu entre 21 heures et 6 heures dans les régions classées en zone d'alerte maximale (Paris, Lyon, Lille, Marseille) 
Interview télévisée d’Emmanuel Macron du 14 octobre 2020 durant laquelle le chef de l’État a annoncé de nouvelles mesures pour contrer la 2e vague de propagation du Sars-CoV-2 responsable du Covid-19, dont l’instauration d’un couvre-feu entre 21 heures et 6 heures dans les régions classées en zone d'alerte maximale (Paris, Lyon, Lille, Marseille)

Depuis sa villégiature métaphysique, la liberté les salue. Elle ne se porte pas bien, certes, mais elle se maintient. Car, non, dans ses allocutions, du 15 octobre 2020 pour le président de la République et du 22 octobre pour le Premier ministre, l'exécutif n'a pas encore décroché Liberté du frontispice des mairies, et ce, d'autant plus que ce mot a encore dans notre pays ? et sans doute plus qu'ailleurs ? un sens.

Il faut dire qu'en la matière, les formules de principe sont aisées, au risque de devenir creuses. À l'instar de Nicolas Bedos, beaucoup résument la liberté à la sphère individuelle. Toute mesure sanitaire devient alors un assaut insupportable contre nos libertés, digne de l'autoritarisme le plus acerbe. Notre point de désaccord est clair : se revendiquer défenseur des libertés en les résumant à cela, c'est au moins autant un dévoiement de la tradition libérale qu'une erreur d'appréciation de ce qu'est cette doctrine, philosophiquement et juridiquement.

Une vision individuelle de la liberté

« La liberté pour tous, mais avant tout pour moi » : cette vision de la liberté, purement individuelle, a le luxe de fournir à son porteur les ?illères qui masquent la figure de toute altérité, l'autre à côté de soi, sapant les fondements mêmes de la liberté démocratique : celle qui s'exerce d'abord au sein d'une collectivité, à laquelle elle ne peut se soustraire.

Raymond Aron ? citant Tocqueville ? divisait ainsi la liberté en deux catégories : la liberté négat [...] Lire la suite