Les Libanais de retour dans la rue à l’approche des consultations parlementaires

Au Liban, les blocages de routes à travers le pays par des manifestants en colère ont repris de plus belle ce jeudi 5 décembre au lendemain de l'annonce de la date des consultations parlementaires pour la formation d'un nouveau gouvernement. Plusieurs noms de favoris au poste de Premier ministre ont circulé tous rejetés par la rue. Le dernier candidat pressenti, Samir al-Khatib, est un homme d'affaires sans expérience politique.  

De notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh

Des groupes de manifestants ont commencé, tôt jeudi, à bloquer les routes du Liban, pour protester contre le candidat pressenti pour être désigné Premier ministre lundi, plus d’un mois après la démission de Saad Hariri sous la pression de la rue. 

Du Nord au Sud, en passant par le centre de Beyrouth, des contestataires ont fermé les routes à l’aide de bennes à ordures, de pneus ou d’autres objets, malgré de fortes pluies. Des graffitis appelant à la formation d'un gouvernement « indépendant et de transition » ont été peints devant les sièges de plusieurs ministères à Beyrouth.

La grève générale décrétée par les comités de coordination de la contestation a cependant été peu suivie. Si certaines écoles ont fermé leurs portes, les commerces, eux, étaient ouverts. Des échauffourées ont éclaté entre des manifestants et des commerçants qui refusaient de baisser leurs rideaux dans la ville de Nabatiyé, au Sud du Liban. L’armée est intervenue pour rétablir le calme.

Les contestataires protestent contre la possible désignation, lundi 9 décembre, au poste de Premier ministre, de Samir al-Khatib, un grand entrepreneur adoubé par le chef du gouvernement démissionnaire Saad Hariri. Ils accusent le pouvoir d’ignorer leurs demandes de former un cabinet de technocrates, présidé par une personnalité indépendante.