Liban: le retour du choléra, symptôme d'un État en faillite et d'un système de santé à genoux

© REUTERS - MOHAMED AZAKIR

Le choléra est de retour au Liban, trente ans après avoir été éradiqué du territoire. Cette maladie déclenche des diarrhées aiguës qui peuvent être mortelles en l’absence de traitement. Les autorités libanaises ont déjà enregistré plus de 570 cas et vingt décès. Dans cet État en faillite, la dégradation des infrastructures - notamment le réseau d’eau - fait craindre une épidémie de grande ampleur.

Avec notre correspondante au Liban, Sophie Guignon

C'est dans la petite ville délaissée de Bebnine, dans le Akkar, la région la plus pauvre du Liban, que l'épidémie de choléra a fait son retour. En urgence, un dispensaire y a été monté, avec l'appui d'ONG.

Au sous-sol d'une mosquée, Walid Ahmad Ibrahim fait les cents pas auprès de son fils de 9 ans, qui présente tous les symptômes du choléra. « Il n’a pas dormi de la nuit. Il n’a pas arrêté d’aller aux toilettes. Il a très mal au ventre et à la tête. Et il s’est mis à vomir. Alors, on l’a emmené ici. Je ne peux pas payer des soins à l’hôpital, je n’ai même pas de quoi payer l’essence pour y aller », se désole le père de famille.

Dans ce pays où le système de santé est déjà à genoux après trois années de crise économique, la crainte de ne pas pouvoir faire face à une telle épidémie existe. Mais grâce à l'aide internationale, le gouvernement libanais a lancé une campagne de vaccination en urgence.


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