Liban: les pharmacies face à une grave pénurie de médicaments

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Au Liban, les pharmaciens tirent la sonnette d’alarme. Les rayons des officines sont presque vides. Avec la dépréciation de la monnaie nationale qui a perdu 90% de sa valeur face au dollar américain et la quasi-banqueroute de la Banque centrale, les pénuries de médicaments se multiplient. Les caisses sont vides : l’État, qui subventionne ces produits, ne parvient plus à en importer en quantité suffisante.

Avec notre correspondant à Beyrouth, Noé Pignède

Dans les rues, les patients font la queue devant les pharmacies. Ces derniers jours, les médicaments pour les maladies chroniques, la cortisone ou encore les antibiotiques sont en rupture de stock.

Au comptoir de sa petite pharmacie dans le centre-ville de Beyrouth, Rosie Khozorian tente de garder le sourire derrière son masque. Les clients ne manquent pas, ils défilent même par dizaine, mais la pharmacienne n’a plus rien à leur vendre.

« Les gens sont en train de faire 1 000 pharmacies pour trouver leurs médicaments parce que comme vous le voyez ici, mes étagères sont toutes vides. Les médicaments pour maladies chroniques comme les anti-dépresseurs, les anti-hypertenseurs, tout est hors stock. Si on est malade, il faut attendre ou bien on meurt... », déplore la pharmacienne.

Devant l’officine, Leila Kababé, la soixantaine, une ordonnance à la main, commence à perdre patience. « Je viens tout juste de sortir de l’hôpital… J’ai fait une chute. Le médecin m’a prescrit un médicament pour soigner les cartilages de mon genou. Mais ça fait 3 ou 4 pharmacies que je fais, et il est en rupture de stock partout. On ne trouve plus rien ! Ce n’est pas de la faute des pharmacies bien sûr, c’est tout le pays qui dysfonctionne, explique-t-elle. La colère n’est pas un mot assez fort pour décrire notre situation. Même pendant la guerre, nous vivions mieux. Nous ne souffrions pas comme ça. Les Libanais n’ont jamais vécu aussi mal qu’aujourd’hui. Jamais. »

Derrière elle, une jeune maman recherche du lait pour son bébé depuis trois jours. Elle aussi repartira les mains vides.

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