Le Liban et le nucléaire iranien au menu de la visite du Premier ministre israélien à Paris

AP - Thomas Padilla

Pour sa première visite à l'étranger, le nouveau Premier ministre israélien Yaïr Lapid s'est rendu ce mardi 5 juillet à Paris où il a rencontré le président Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron et Yaïr Lapid ont acté leurs divergences sur l'accord de 2015 encadrant le programme nucléaire iranien, que les Européens tentent de sauver, mais que l'État hébreu juge totalement inopérant. « L'Iran refuse toujours de saisir l'opportunité qui lui est offerte de conclure un bon accord (...) Nous allons poursuivre, en étroite coordination avec nos partenaires, tous les efforts pour tenter de (le) ramener à la raison », a lancé Emmanuel Macron en recevant Yaïr Lapid, qui effectuait à Paris son premier déplacement international.

Les discussions ouvertes à Vienne en avril 2021 sont destinées à réintégrer les États-Unis à l'accord sur le nucléaire et à ramener l'Iran au respect de ses engagements dictés par ce pacte. L'État hébreu tente de son côté de convaincre les puissances occidentales de ne pas renouveler l'accord en échange de la levée de sanctions sur Téhéran.

Le président français a une nouvelle fois insisté sur la nécessité de compléter l'accord par des négociations « encore plus fortes sur les activités balistiques et régionales » de l'Iran, qui a étendu son influence du Liban au Yémen via des milices locales. Le Premier ministre israélien a souligné la convergence de vues avec son hôte sur la nécessité de « répondre » à la menace représentée, selon lui, par l'Iran au Moyen-Orient. « La situation actuelle ne peut se perpétuer. Elle mènera à une course aux armements au Moyen-Orient qui menacera la paix mondiale », a-t-il lancé lors d'une prise de parole à l'Élysée.

Les responsables israéliens, qui craignent que l'Iran se dote de l'arme nucléaire – ce que Téhéran nie –, redoutent notamment que la levée de sanctions permette à Téhéran de regarnir ses coffres pour accroître son aide à ses alliés aux frontières d'Israël, comme le Hezbollah libanais ou le Hamas palestinien.

Tensions sur le gaz

Avant son départ pour la France, le Premier ministre israélien avait aussi indiqué vouloir demander à M. Macron « d'intervenir » afin de sauver les pourparlers gaziers entre le Liban et l'État hébreu. La France, ancienne puissance coloniale, garde des liens forts avec le Liban. « Les deux pays ont intérêt à aboutir à un accord qui permettra une exploitation énergétique au bénéfice des deux peuples », a répondu le président français.

Le Liban et Israël, pays voisins officiellement toujours en état de guerre, avaient entamé en octobre 2020 des négociations inédites sous l'égide de Washington pour délimiter leur frontière maritime, afin de lever les obstacles à la prospection d'hydrocarbures. Mais les pourparlers avaient été suspendus en mai 2021 en raison de différends concernant la surface de la zone contestée.

Samedi 2 juillet, au lendemain de l'arrivée au pouvoir de Yaïr Lapid, l'armée israélienne a affirmé avoir abattu trois drones du Hezbollah libanais qui se dirigeaient selon elle vers le champ gazier de Karish en Méditerranée, au cœur d'une recrudescence des tensions ces dernières semaines entre Israël et le Liban. « Le gouvernement libanais doit contrôler le Hezbollah ou nous serons forcés de le faire », a le chef du gouvernement à des journalistes avant de s'envoler pour Paris.

(Avec AFP)