Liban: nouveaux affrontements à Beyrouth au lendemain de violences inédites

Pour la deuxième journée consécutive, de violents affrontements ont opposé ce dimanche 19 janvier des manifestants et la police au Liban où la colère populaire enfle à cause de la crise économique et sociale. La Croix-Rouge libanaise fait état d’un bilan provisoire de 70 blessés, dont 30 transférés vers des hôpitaux.

Avec notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh

Les mêmes scènes de violences que samedi se sont reproduites dans le centre-ville de Beyrouth ce dimanche. Des centaines de jeunes gens, venus des différentes régions du Liban, plus particulièrement du Nord du pays, se sont rassemblés devant le Parlement dès l’après-midi. Après des slogans hostiles aux dirigeants politiques, accusés de corruption et de laxisme, la tension est montée et la situation a dégénéré.

Aux jets de pierres et de gros feux d’artifice tirés horizontalement, la police anti-émeute, qui bloque les entrées menant à la Chambre des députés, a riposté par des balles en caoutchouc, des canons à eau et des gaz lacrymogènes.

Des unités spéciales armées de lance-roquettes

Des groupes de protestataires ont brisé les vitrines de boutiques et sont entrés de force dans le siège de l’une des deux compagnies de téléphonie mobile du pays. Ce n’est qu’après trois heures d’affrontements que les forces de l’ordre ont chargé les manifestants pour les éloigner des abords du Parlement.

En prévision des débordements, la police avait déployé des unités spéciales armées de lance-roquettes, ce qui a suscité une vague de commentaires réprobateurs dans les médias et sur les réseaux sociaux.

Cet étalage de force n’a pas eu l’effet d’intimidation souhaité et les plus radicaux des manifestants étaient encore une fois venus bien préparés dans l’intention d’en découdre.

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