Liban : la monnaie nationale n’en finit plus de chuter, le pays avec

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La livre libanaise a atteint lundi 14 juin un nouveau plus bas historique sur le marché noir, frôlant les 15 500 livres pour un dollar et poursuivant ainsi sa dégringolade, dans le sillage d'un effondrement économique aggravé par l'inertie des responsables.

Au Liban, la monnaie nationale poursuit sa dégringolade. La livre libanaise est à nouveau au plus bas sur le marché noir, frôlant les 15.500 livres pour un dollar, alors que le taux officiel, lui, reste toujours fixé à 1 507 livres pour un dollar. Depuis le début de la crise, fin 2019, l'une des pires depuis la seconde moitié de XIX siècle, la livre libanaise a perdu 90% de sa valeur face au billet vert sur le marché noir.

« Le Liban est un État faillite »

Ce nouvel effondrement de la monnaie nationale risque d'aggraver un taux d'inflation déjà à trois chiffres. Fin 2020, elle dépassait 140%, rappelle Alexandre Kateb, président du cabinet Compétence France, spécialiste du Liban. « Cette chute en fait a pour conséquence une plus grande difficulté à rembourser la dette, bien que le taux de change officiel lui est toujours fixé. Néanmoins, la contrepartie en dollars sur le marché d’échanges parallèle est effectivement très affaiblie et cela pose notamment des problèmes à la population en fait surtout. Il y a une inflation qui s’installe sachant qu’à un certain moment, les transactions importantes sont toujours conduites en dollars, alors que les salaires sont versés en livres libanaises. C’est dû vraiment à une situation économique catastrophique et à un secteur bancaire qui ne peut plus assumer son rôle de financement de l’économie et de financement de l’État. Cela s’est traduit par une fuite des dépôts en dollars et c’est ce qui a précipité la chute de la livre. Aujourd’hui, le Liban est un État faillite, c’est un pays qui devrait être mis sous tutelle ».

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Le Liban souffre par ailleurs de graves pénuries d'essence et de médicaments, ayant contraint la majorité des stations essence et des pharmacies, qui ont décrété vendredi une grève de deux jours, à la fermeture. Le pays est toujours sans gouvernement depuis dix mois, faute d'entente entre les partis au pouvoir, accusés par la rue de laisser couler le pays. Outre la dégringolade monétaire et les pénuries, le pays connaît une explosion du chômage et une paupérisation à grande échelle.

Plus de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté, selon l'ONU, tandis que les banques continuent d'imposer des restrictions draconiennes aux épargnants.

(Avec AFP)

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