Le Liban mise tout sur le gaz et le pétrole (tant pis pour l'environnement)

Les falaises blanches de Naqoura, ici le 13 mars 2019, sont l'un des rares espaces côtiers préservés du Liban. Mais elles pourraient bientôt être bordées de sites industriels de gaz naturel. | Philippe Pernot
Les falaises blanches de Naqoura, ici le 13 mars 2019, sont l'un des rares espaces côtiers préservés du Liban. Mais elles pourraient bientôt être bordées de sites industriels de gaz naturel. | Philippe Pernot

L'extrême sud du Liban pourrait être idyllique. Des bananeraies bordent la côte, avant de laisser place à des champs d'oliviers dans des collines aux pentes douces. La tranquillité n'y est interrompue que par le grondement des blindés de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), la mission de l'ONU qui surveille la frontière murée et barbelée avec Israël.

La ville côtière de Naqoura, qui donne directement sur le mur et la base des casques bleus, est gagnée par une certaine fébrilité: c'est à quelques pas d'ici qu'a été signé, le 27 octobre dernier, un accord entre Israël et le Liban afin de délimiter leur frontière maritime. Les deux pays ennemis se sont entendus –fait historique– sur un tracé, sous le parrainage des États-Unis et de la France. Le tout non pas pour signer un accord de paix, mais afin d'exploiter du gaz naturel et du pétrole.

Un blindé de la Finul, la mission de l'ONU qui surveille la frontière militarisée entre Israël et le Liban, le 13 mars 2019. | Philippe Pernot

C'est donc ici que va débuter l'aventure gazière et pétrolière du pays du Cèdre. Les travaux d'exploration devraient commencer dès le début de 2023, pour une éventuelle exploitation entre 2029 et 2049. Dans le «bloc 9» au large de Naqoura, c'est TotalEnergies qui va diriger le consortium et se charger des opérations, suivi de l'italien ENI et de QatarEnergies. Et d'autres blocs maritimes pourraient être ouverts à une exploration dès décembre.

«Notre futur est écrit au conditionnel»

Embourbée depuis 2019 dans l'une des pires crises économiques et sociales du monde de ces deux derniers siècles, la classe politique libanaise promet des miracles: des milliards de dollars qui serviront à redresser le pays, à assurer de l'électricité en continu alors que l'État n'en produit plus que deux heures par jour, maximum. Le...

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