Liban: pour Michel Aoun, Saad Hariri doit «former immédiatement un gouvernement ou céder la place»

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Le président libanais Michel Aoun et le Premier ministre désigné Saad Hariri ont étalé au grand jour leurs profondes divergences, le premier exhortant mercredi 17 mars le second à former « immédiatement » un gouvernement ou alors à « céder la place ». Entretemps, la colère des Libanais grandit en raison de l’aggravation de la crise économique et la tension monte dans la rue.

Avec notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh

« Les souffrances des citoyens ont atteint un niveau qu'aucun peuple ne peut supporter » : dans un discours de quelques minutes adressé mercredi 17 mars au soir aux Libanais, le président Michel Aoun a accusé le Premier ministre désigné Saad Hariri d'avoir fait perdre « un temps précieux » dans la formation d’un nouveau gouvernement. Ce qui a entraîné le pays dans une « voie sans issue », selon lui. Michel Aoun a appelé Saad Hariri à choisir entre deux options : former « immédiatement un gouvernement » en accord avec lui, ou « céder la place à une autre personne capable » de le faire.

« Abréger les souffrances des Libanais »

La réponse de Saad Hariri n’a pas tardé : il ira au palais présidentiel pour rencontrer le chef de l’État, probablement ce jeudi 18 mars. Mais il a ajouté que « si le président se trouve incapable de signer le décret » de formation d'un cabinet de technocrates non-partisans, il faudra alors, « abréger les souffrances » des Libanais et « ouvrir la voie à une élection présidentielle anticipée ».

Cet échange peu aimable consacre le divorce entre les deux hommes et éloigne la perspective d’une formation rapide d’un gouvernement. Pendant ce temps, la tension monte, avec un accrochage armé qui a fait des blessés à Beyrouth, sur fond de fermeture de routes par des manifestants en colère.

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