Le Liban menace d’expulser les Syriens réfugiés sur son sol

PHOTO MOHAMED AZAKIR/REUTERS

“J’appelle la communauté internationale à aider le Liban pour faire revenir les déplacés syriens dans leur pays, sans quoi le Liban se retrouvera dans une position qui n’est pas souhaitable vis-à-vis des pays occidentaux, à savoir l’expulsion des Syriens du Liban.”

Lundi 20 juin, le Premier ministre libanais, Najib Mikati, “a sciemment prononcé cette phrase pour tirer la sonnette d’alarme auprès des diplomates occidentaux et les pousser à prendre conscience du poids que représente la présence massive de ces réfugiés pour le Liban en crise”, affirme le quotidien L’Orient-Le Jour.

Plus de 800 000 ressortissants syriens sont enregistrés auprès du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) au Liban, mais les autorités estiment à environ 1,5 million le nombre réel de déplacés syriens qui se sont installés sur le territoire libanais après avoir fui la guerre dans leur pays.

“Une sombre fatalité veut aujourd’hui que le Liban se trouve pénalisé par sa noble vocation de terre d’asile, alors même qu’il souffre d’une crise économique et financière d’une gravité sans précédent”, ajoute un éditorial du quotidien francophone.

Boucs émissaires

Cette déclaration, note Enab Baladi, le Premier ministre libanais l’a faite précisément au moment de la Journée mondiale des réfugiés. Le site syrien d’opposition rappelle qu’“au Liban, différents partis politiques ne cessent d’exiger le retour des réfugiés syriens dans leur pays”, souvent à des fins électorales ou populistes.

Parmi eux, le parti chrétien Courant patriotique libre (CPL), fondé par le président, Michel Aoun dont le mandat s’achève en octobre prochain.

Pour le site libanais Daraj, hostile au pouvoir, ces déclarations de Mikati ressemblent à un signal envoyé au CPL, alors que des consultations parlementaires pour la nomination d’un nouveau chef du gouvernement après les dernières législatives doivent avoir lieu jeudi 23 juin. Le Premier ministre sortant a des chances d’être reconduit.

“Qu’en est-il des banques, de l’explosion du port [de Beyrouth, qui a fait plus de 200 morts le 4 août 2020] et de la faillite [du pays] […] ? Vous voulez remettre les réfugiés syriens à votre ami Bachar El-Assad ? […] Ils seront les victimes d’un prochain massacre.”

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