Liban : l’enquête sur l’explosion au port de Beyrouth reprend après 13 mois de suspension

© JOSEPH EID / AFP

Pendant plus d’un an, l’enquête sur l’explosion dévastatrice au port de Beyrouth le 4 août 2020 avait été suspendue. En cause : de fortes pressions politiques. Mais ce lundi, le juge libanais en charge de l’investigation a décidé de la relancer. Pour rappel, le 4 août 2020, des centaines de tonnes de nitrate d'ammonium stockées dans un entrepôt au port explosent. Conséquences : plus de 200 morts et 6 500 blessés, outre les destructions et le traumatisme national.

Les causes exactes de cette énorme explosion sont toujours inconnues tout comme l'identité des responsables. Elle a été imputée à la corruption et la négligence de la classe dirigeante, accusée aussi par les familles des victimes et des ONG de torpiller l'enquête pour éviter des inculpations.

Le juge Tarek Bitar, contre lequel s'est liguée une grande partie de la classe politique, « a décidé de reprendre l’enquête » et d'inculper deux hauts responsables de la sécurité, a indiqué à l'AFP un responsable judiciaire sous couvert de l’anonymat. Il s'agit du directeur de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, proche du puissant mouvement armé du Hezbollah , et du chef de la Sûreté d'État, Tony Saliba, proche de l'ex-président Michel Aoun.

« Une bataille contre la politique d’impunité »

« Le juge Bitar a lancé une bataille contre la politique d’impunité », a expliqué à l'AFP Nizar Saghié, directeur de l'ONG Legal Agenda. « La confrontation sera rude », a-t-il ajouté, expliquant s'attendre à « des interférences et des pressions...


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