Le Liban lève son secret bancaire

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Le Parlement libanais a adopté lundi soir 21 décembre une loi sur la levée du secret bancaire. Cette mesure ouvre la voie à l’audit juricomptable de la Banque du Liban et des institutions publiques, exigé par la communauté internationale pour débloquer une aide au pays du Cèdre.

Avec notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh

Après une bataille politico-juridique qui a duré des mois, la Chambre a voté une loi sur la levée pour une durée d’un an du secret bancaire sur les comptes de la Banque du Liban et des institutions publiques.

La Banque du Liban et le ministère des Finances avaient invoqué le secret bancaire en vigueur depuis les années 50 pour refuser de remettre des documents réclamés parle cabinet Alvarez et Marsal, chargé d’auditer les comptes de la Banque centrale. Incapable de mener à bien sa mission, le cabinet international avait jeté l’éponge à la mi-novembre.

La loi votée par le Parlement ouvre donc la voie à l’audit juricomptable qui devrait permettre de faire la lumière sur la gestion des finances publiques. Une gestion compromise par la corruption et entachée d’irrégularités, de détournement et de gaspillage, qui ont mené l’État à la faillite et le pays à la ruine.

L’audit juricomptable est le premier point d’une feuille de route proposée par la France aux dirigeants libanais pour une réforme profonde de l’économie et des finances. Il est aussi exigé par le Fonds monétaire international auprès duquel le Liban espère obtenir un prêt de dix milliards de dollars.

Mais une partie de la classe politique a tenté de retarder ce processus. Après le vote de cette loi, plus aucun obstacle légal ne peut l’empêcher.