Liban: un incendie criminel détruit entièrement un camp de réfugiés syriens

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Dans la banlieue nord de Tripoli, à Minieh, un camp a été incendié dimanche. Un acte criminel, qui d’après les habitants du camp, aurait été perpétré par une famille libanaise qui embauchait des Syriens sans les payer depuis plusieurs semaines. Alors que les travailleurs réclamaient leur salaire, une bagarre aurait éclaté, les Libanais auraient incendié leurs tentes en guise de représailles. Les flammes ont entièrement rasé ce campement de fortune où vivaient 75 familles.

Avec notre envoyé spécial à Tripoli, Noé Pignède

« Ici, il y avait un tapis, quelques meubles, c’était vivable. Nous étions heureux de ce que nous avions. Maintenant, regardez, tout est détruit. Je n’ai pas les mots pour décrire ça. »

De la petite tente de Maqboula, il ne reste que des cendres. En quelques heures, le camp où elle vivait a été dévoré par les flammes. Par terre, elle tente de ramasser ce qu’il reste de ses cinq années de vie au Liban depuis son départ Syrie, mais tout est parti en fumée.

« Nous étions assis ici, autour du poêle sous la tente, avec ma famille. Nous avons entendu des cris, alors nous sommes sortis. Il y avait une bagarre, alors on s’est enfui avec mes quatre enfants et ma petite fille. Nous ne sommes plus les bienvenus dans ce pays. Au Liban comme en Syrie, nous sommes condamnés à vivre en enfer. »

Tout le monde ici rêve de fuir le Liban, où les actes contre les réfugiés syriens se multiplient ces derniers mois. Assise sur un tapis dans les cendres de sa tente, une Syrienne originaire de Homs montre ses bras couverts de bleus. Elle refuse de nous donner son nom par peur de représailles. « Ils m’ont battu avant de tout brûler. Mon fils m’a défendu. Je veux quitter ce pays, il y a trop d’injustice ici. J’espère pouvoir partir loin d’ici avec mes enfants », dit-elle.

Après plusieurs années à tenter de bâtir un nouveau foyer loin de chez eux, les réfugiés syriens du camp de Minieh doivent à nouveau tout recommencer., dans un Liban rongé par la crise économique, qui n’a plus rien à leur offrir.

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