Liban: le Hezbollah dit avoir abattu un "drone israélien" à la frontière

Roba EL HUSSEINI et Tony GAMAL-GABRIEL
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La frontière libano-israélienne depuis Maroun-al-Ras, au Liban, après un échange de tirs, le 1er septembre 2019

Beyrouth (AFP) - Le Hezbollah a annoncé lundi avoir abattu un "drone israélien" qui pénétrait l'espace aérien du Liban, une semaine après des échanges de tirs à la frontière entre l'armée israélienne et le mouvement libanais pro-iranien dans un contexte de tensions régionales croissantes.

Dans la Syrie voisine, des frappes aériennes ont par ailleurs visé des positions de forces iraniennes et de milices alliées, selon l'Observatoire syrien des droits humains (OSDH), qui n'a pas pu identifier leurs auteurs. Téhéran et le Hezbollah interviennent dans la guerre en Syrie aux côtés du régime de Damas.

L'armée israélienne a pour sa part fait état de tirs nocturnes de roquettes "sans succès" depuis la Syrie vers Israël.

Au Liban, le Hezbollah a annoncé dans un communiqué avoir utilisé "les armes appropriées" contre "un drone israélien au moment où il traversait la frontière" vers la localité de Ramiyeh, dans le sud du pays. "Le drone a été abattu à l'extérieur de la localité et se trouve entre les mains" de combattants du Hezbollah.

L'armée israélienne a rétorqué qu'un de ses drones était "tombé en territoire libanais" dimanche, sans autre précision. Une porte-parole de l'armée a assuré qu'il n'y avait "pas de risque" que d'éventuelles informations du drone puissent être décryptées.

L'incident intervient après des échanges de tirs il y a une semaine entre Israël et le Hezbollah.

Le mouvement chiite libanais avait annoncé le 1er septembre avoir tiré des missiles antichars sur un véhicule blindé dans le nord d'Israël. L'armée israélienne a riposté en bombardant le sud du Liban, provoquant des incendies limités dans des zones boisées.

- Drones explosifs -

Poids lourd de la vie politique libanaise, le Hezbollah est considéré comme un groupe "terroriste" par Israël et Washington, qui lui impose des sanctions ainsi qu'à l'Iran.

Ses positions ainsi que celles des forces iraniennes sont régulièrement la cible de bombardements israéliens en Syrie.

La récente escalade s'est déclenchée après une frappe d'Israël en Syrie qui a tué deux combattants du Hezbollah, le 24 août.

Elle a été suivie, quelques heures plus tard, par l'envoi de deux drones chargés d'explosifs contre la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah. Ce dernier a accusé Israël, qui n'a jamais commenté.

Le mouvement avait indiqué que les tirs du 1er septembre étaient une riposte à la frappe en Syrie, avertissant qu'il allait aussi répondre à l'attaque sur son fief.

La dernière grande confrontation en date entre Israël et le Hezbollah remonte à la guerre de 2006 qui avait fait plus de 1.200 morts côté libanais, en majorité des civils, et 160 côté israélien, en majorité des militaires.

Israël a récemment accusé le Hezbollah et l'Iran de travailler sur le territoire libanais à convertir des roquettes en missiles de précision pouvant causer des dommages importants.

Lundi soir, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a affirmé que son mouvement et l'Iran allaient mener "une grande bataille" contre Israël et les Etats-Unis.

"Ce soir et demain, nous dirons (au président américain) Trump et à Netanyahu (le Premier ministre israélien) que nous sommes une nation qu'aucun siège, sanction, pauvreté ou faim ne peut affaiblir".

- Roquettes contre Israël -

En visite à Beyrouth, le secrétaire d'Etat adjoint américain aux affaires du Proche-Orient, David Schenker, a souligné "l'importance de maintenir la sécurité, la stabilité et la souveraineté du Liban", selon un communiqué de l'ambassade américaine.

Ces dernières années, l'hostilité entre Israël et le Hezbollah s'est notamment manifestée en Syrie.

Dans la nuit de dimanche à lundi, des roquettes ont été tirées "sans succès" depuis les environs de Damas vers Israël par des "milices chiites" opérant en Syrie sous le commandement de la force al-Qods des Gardiens de la Révolution iraniens, a annoncé l'armée israélienne sur Twitter.

Sans qu'il ne soit possible de dire si ces raids sont liés, des frappes aériennes ont visé des positions des forces iraniennes et de milices alliées dans l'est de la Syrie, selon l'OSDH.

"Dix-huit combattants ont été tués", a indiqué l'Observatoire, précisant ensuite à l'AFP que des Iraniens figuraient parmi les morts. "Cinq missiles ont visé un complexe iranien, un dépôt de munitions et trois autres positions militaires", a-t-il ajouté.

L'attaque a eu lieu près de la frontière avec l'Irak, dans la région de Boukamal (province de Deir Ezzor).

En juin 2018, des frappes dans ce secteur avaient tué 55 combattants prorégime, selon l'OSDH. Sous couvert de l'anonymat, un responsable américain les avait imputées à Israël, mais l'armée israélienne avait refusé tout commentaire.

A Deir Ezzor, une alliance de combattants arabo-kurde est également présente, soutenue par la coalition internationale emmenée par Washington, qui par le passé avait reconnu avoir bombardé des forces prorégime.