Liban: Hariri et Aoun échouent à se mettre d'accord sur la formation d'un gouvernement

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La réunion tant attendue entre le président libanais Michel Aoun et le Premier ministre désigné Saad Hariri pour accélérer la formation du gouvernement a échoué ce lundi après-midi. Les deux responsables se sont lancés des accusations alors que la tension est remontée dans la rue.

Avec notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh

La réunion entre le président Michel Aoun et le Premier ministre désigné Saad Hariri a duré une petite vingtaine de minutes. L’ambiance est tendue et les propos échangés sont lapidaires.

Sur le perron du palais présidentiel, Saad Hariri adresse des critiques acerbes au chef de l’État, qu’il accuse implicitement de violer la Constitution et de vouloir coûte que coûte obtenir le tiers de blocage dans le prochain gouvernement.

La réponse de la présidence ne se fait pas attendre. Le conseiller politique de Michel Aoun dément en bloc les accusations : pas de tiers de blocage, aucune intention de s’emparer des prérogatives du Premier ministre. Dans le même temps, le président est déterminé à jouer pleinement son rôle de partenaire dans le processus de formation du gouvernement, martèle le conseiller lors d’un point de presse.

La crise de confiance entre le président de la République et celui qui fut son Premier ministre les trois premières années de son mandat est profonde. Les deux hommes se renvoient depuis des mois la balle de la formation du gouvernement, alors que le pays s’effondre.

À peine la joute verbale terminée, la livre libanaise a repris sa chute face au dollar. À Beyrouth, des groupes de jeunes en colère ont commencé à fermer des routes dans les quartiers à majorité sunnite, la communauté dont est issu le Premier ministre.