Liban: le courant électrique rétabli partiellement après un blackout

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Après une panne totale ce samedi midi 9 octobre, le réseau électrique gouvernemental a été remis partiellement en service dimanche. La production d'électricité a été rendue possible grâce à une aide en gazole fournie par l'armée, a indiqué le ministère libanais de l'Énergie. Les Libanais tentent par divers moyens de trouver des solutions à cette crise inédite depuis 1850, selon la Banque mondiale. Sans recours et résignés, beaucoup ont simplement baissé les bras.

« L'armée a remis 6 000 kilolitres de gazole, répartis à parts égales entre les centrales de Deir Ammar et de Zahrani », permettant quelques heures de courant par jour, a précisé le ministère dans un communiqué.

Le Liban connaît depuis des mois des rationnements draconiens de courant, culminant à plus de 22 heures par jour, et peine à importer du carburant, sur fond d'une dégringolade historique de la monnaie nationale et d'un assèchement des devises étrangères.

Ce samedi, le pays a plongé pour la deuxième fois depuis début octobre dans un blackout total après l'arrêt de l'activité de deux importantes centrales électriques faute de carburant, selon la compagnie nationale Électricité du Liban (EDL). La production d’électricité est tombée à presque zéro mégawatt, provoquant la paralysie de pans entiers de l’économie et une grave dégradation de tous les aspects de la vie quotidienne d’une grande partie de la population.

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Groupes électrogènes par localité au mazout

Pourtant, les Libanais étaient, en théorie, préparés à ce scénario, souligne Paul Khalifeh, notre correspondant à Beyrouth. D’autant que le rationnement du courant électrique n’a jamais totalement disparu depuis la fin de la guerre civile, il y a près de trente ans.

Cette situation a provoqué au fil des ans une décentralisation énergétique de facto. Des centaines de localités, comptant parfois des milliers d’habitants, ont installé leurs propres groupes électrogènes alimentés au mazout.

Cependant, l’explosion du prix de ce carburant, par ailleurs introuvable sur le marché pendant des semaines, a poussé les propriétaires de générateurs privés à instaurer, à leur tour, un rationnement draconien.

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À la bougie

Ces derniers mois, la production d’électricité grâce aux panneaux solaires a connu un grand essor. Mais seules les personnes nanties peuvent s’offrir cette source d’énergie alternative.

Les moins aisées se sont tournées vers les systèmes UPS. Or ceux-ci ne peuvent plus être rechargés régulièrement en raison des coupures longues et répétées du courant électrique.

Face à cette situation, des centaines de milliers de Libanais, surtout les habitants des grandes villes, n’ont plus d’autre choix que de passer leur soirée à la lueur des bougies.

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