Liban: après les affrontements mortels, les habitants du quartier de Tayouneh désespérés

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Au Liban, de violents affrontements ont eu lieu ce jeudi dans la capitale Beyrouth, entre des sympathisants du parti Amal et des tireurs embusqués, probablement de milices chrétiennes. Pendant plusieurs heures, des tirs de kalachnikov, de snipers et de lance-roquettes ont retenti dans le quartier de Tayouneh, sur l’ancienne ligne de démarcation entre chiite et chrétienne datant de la guerre civile libanaise. Les combats ont fait six morts et une cinquantaine de blessés.

Avec notre correspondant à Beyrouth, Noé Pignède

Après plusieurs heures d’affrontements, le rond-point de Tayouneh a retrouvé son calme. L’armée libanaise a entièrement bouclé le quartier.

Dans ce quartier historique de la guerre civile libanaise, où se trouvait autrefois la ligne de démarcation entre milices chiites et chrétiennes, cette flambée de violence ravive de mauvais souvenirs. Nesrine Sayed a 44 ans. Elle vit dans un immeuble à quelques mètres de là où se sont déroulés les combats entre les partisans d'Amal et du Hezbollah d'un côté et des tireurs encore non identifiés de l'autre, jeudi après-midi. Avec son mari, elle a passée quatre heures cachée dans un couloir.

Situé sur la ligne de feu, l’appartement de Mohammed et sa famille a été violemment touché par les tirs des miliciens. Ses fenêtres sont brisées, les murs de son salon couverts d’impacts de balles.

« C'est horrible. Nous sommes des civils, chrétiens et musulmans qui vivent ensemble. J'espère que tous les Libanais sont contre ça. Ils veulent vivre ensemble. »

Ismaël, qui travaille dans l’immeuble d'en face, a lui un discours plus pessimiste. « Il n’y a plus d’avenir pour personne ici. Tous les jours, nous en avons la preuve. Regardez ce qu’il s’est passé aujourd’hui. Les politiques manipulent les gens, les utilisent comme de la chair à canon. Ils contrôlent tout le monde ici. J’ai déjà connu la guerre au Liban. Et quand je regarde ce qu’il se passe maintenant, je comprends que l’histoire se répète. »

Un peu plus loin, Youssef, 62 ans, lui, est un vétéran de la guerre civile. Ancien milicien chrétien, lui aussi se désole de la flambée de violences qui a secoué son quartier.

« J'ai vécu la guerre et j'espère qu'on ne revient pas à cette étape-là parce que vraiment c'est triste. On espère que ça va aller mieux, on va voir, il faut attendre. »

Mais une fois notre micro éteint, le milicien confie ne plus croire à la réconciliation entre milices chiites et chrétiennes dans son quartier et conclut : ici, tout le monde se prépare pour la guerre.

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