Le Liban en émoi après une énième “traversée de la mort”

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Le drame a fait la une de la presse libanaise, mais également de plusieurs journaux panarabes. Au moins sept migrants ont péri dans la nuit du samedi 23 au dimanche 24 avril, selon un dernier bilan provisoire, après le naufrage d’un bateau ayant à son bord 80 personnes environ au large d’une localité non loin de Tripoli, la grande ville sunnite du nord du Liban particulièrement touchée par la crise économique qui frappe le pays. Une quarantaine de personnes ont été secourues par l’armée libanaise, qui poursuit ses recherches.

“La mer des victimes, la tragédie du Liban”, titre le quotidien panarabe “Al-Araby Al-Jadid”, pour son édition du lundi 25 avril 2022.. PHOTO / CAPTURE D’ÉCRAN / AL-ARABY AL-JADID
“La mer des victimes, la tragédie du Liban”, titre le quotidien panarabe “Al-Araby Al-Jadid”, pour son édition du lundi 25 avril 2022.. PHOTO / CAPTURE D’ÉCRAN / AL-ARABY AL-JADID

D’après le quotidien libanais An-Nahar, cette “traversée de la mort” devait emmener ces passagers clandestins “vers les côtes italiennes”.

“Le pouvoir libanais jette Tripoli à la mer”, titre de manière cinglante le site Daraj, qui fait assumer la responsabilité de la tragédie à la classe politique.

“Les voix des survivants du bateau de la mort de Tripoli, qui a coulé ou a été coulé au large du port de la capitale du nord du Liban, se sont fait entendre de manière claire et sans équivoque : ‘Nous fuyons vos visages sinistres, et nous réessayerons dès que l’occasion se présentera.’

“Victimes” de l’indifférence totale

Dans les heures qui ont suivi le drame, dont les circonstances restent floues, Tripoli a été “la scène de violentes tensions” dans plusieurs quartiers défavorisés de la ville, rapporte le journal francophone L’Orient-Le Jour.

À Beyrouth, des manifestants se sont rassemblés devant le domicile du Premier ministre libanais, le député de Tripoli et milliardaire Najib Mikati. “Les naufragés sont les victimes de la situation dans le pays, des députés de Tripoli et de tout le Liban”, a lancé l’un d’eux, alors que la classe politique est accusée depuis plus de deux ans de laisse le pays couler.

À Saïda, grande ville à majorité sunnite du sud du Liban, des protestataires ont tenu un sit-in en solidarité avec les migrants de Tripoli.

Ces dernières années, le nombre de tentatives de traversées maritimes a considérablement augmenté, notamment depuis le début de la crise économique et financière, à l’automne 2019. Selon l’ONU, au moins 1 570 personnes, dont 186 Libanais, ont quitté ou tenté de quitter illégalement le Liban par la mer entre janvier et novembre 2021, avec l’île européenne de Chypre en ligne de mire. Jusqu’à présent, la plupart des migrants étaient des réfugiés syriens installés au Liban qui avaient fui la guerre, mais de plus en plus de Libanais tentent désormais la traversée.

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