Liban: élèves et professeurs reprennent le chemin de l'école après deux ans d'arrêt

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Entre la crise économique et celle du coronavirus, les portails des établissements scolaires étaient restés fermés ces deux dernières années, remplacés par des cours en ligne. Mais entre les coupures d’électricité et d’internet, il était impossible pour les enfants les plus pauvres d’étudier correctement.

Avec notre correspondant à Beyrouth, Noé Pignède

Dans l’un des établissements scolaires publics de Saïda, à une quarantaine de kilomètres au sud de la capitale, des centaines d’enfants masqués sont de retour sur les bancs de l’école. Privé de cours en présence pendant deux ans, Mahmoud, 9 ans, est heureux de retrouver ses professeurs : « Je suis content de venir à l'école, car j'aime ça, et j'aime étudier le français. Je voudrais être docteur. »

Dans la salle d’à côté, Angie aussi se réjouit que les cours en ligne soient enfin terminés : « Je suis très heureuse de retourner à l’école, c’est très bien. Ce n’est pas comme les cours sur internet où je ne comprends rien ».

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Faute d’électricité et d’une connexion internet correcte, la plupart des élèves de cette école d’un quartier populaire n’ont pas eu cours depuis deux ans. Nour est professeur d’anglais : « Si nous n’avions pas rouvert, ça aurait été un désastre. Leur cerveau est comme éteint. Ils ont oublié l’alphabet, ils ont tout oublié ! Ils doivent se réacclimater à l’école. Mais ils veulent étudier, et je les sens heureux ! Ils prennent ça très au sérieux. »

Mais avec la crise financière qui étrangle le Liban, le salaire des enseignants équivaut désormais à moins d’un euro de l’heure. Peu importe, pour Nour, qui refuse de baisser les bras, « même gratuitement, je continuerai à faire cours... Car c’est de cette génération que dépend le futur du pays. Ils ont droit à une éducation ».

De son côté, le gouvernement a annoncé une revalorisation des salaires d’ici à un mois. Si ce délai n’est pas tenu, les syndicats menacent de se mettre en grève.

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