Le libéral Alain Madelin dit "merci" à Ken Loach pour son film sur l'uberisation du travail

L'ancien ministre de l'Economie, le libéral Alain Madelin. (Sipa)

On aurait pu demander à ­Clémentine Autain ce qu’elle en pensait, mais on s’en doutait un peu : "Ce film montre la brutalité d’un système libéral qui se déchaîne", a dit la députée de La France insoumise en introduction de la projection, lundi à l’Assemblée nationale, de Sorry We Missed You, de Ken Loach. Le cinéaste britannique s’attaque à la nouvelle économie, qui ne serait que le cheval de Troie techno du libéralisme et de l'exploitation des travailleurs. Pourquoi ne pas en parler avec une incarnation du "mal libéral" en France : Alain ­Madelin.

À 73 ans, l’ancien ministre (de l'Industrie et de l'Économie ­notamment) a tout de suite accepté l’invitation. Sans être fan de Ken Loach, il se souvient d’avoir apprécié Land and Freedom (1995), sur la guerre d’Espagne, et Sweet Sixteen (2002), un drame familial centré sur un ado dans une cité minière.

Qu'avez-vous pensé de Sorry We Missed You?
C'est traité avec beaucoup de ­sobriété. Vu le sujet, je pensais que ce serait plus mélo… Ce qu'il montre est très réaliste. L'insécurité et la précarité au travail sont une des pires choses qui soient. Dans ces conditions-là, on ne peut pas vivre, juste survivre. Ce n’est pas grave quand c'est un job d’étudiant. Cela devient angoissant quand c’est exercé par un père de famille, comme ici. Quand je vois des livreurs d'un certain âge dans les rues, je m’interroge souvent avec tristesse sur leur vie. Avec son film, Ken Loach me touche donc profondément.

"

Je suis un libéral plus social et atte...

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