"L'homme en slip à la pelle": devenu la risée des réseaux sociaux, il réclame 200.000 euros à France Télévisions

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Jean-Marc Dutouya proteste contre ce qu'il perçoit contre un lourd préjudice porté à son image, un dommage qu'il attribue aux caméras de France Télévisions. Depuis une expédition écologiste sur ses terres en novembre 2015 suivie par les médias, il est devenu "l'homme à la slip et à la pelle". Il réclame désormais 200.000 euros à l'audiovisuel public.

C'est une affaire qui prête facilement le flanc à la dérision, mais dont on devine le lourd envers personnel pour le principal intéressé. La vie de Jean-Marc Dutouya a pris un tour dont il se serait bien passé, depuis que des écologistes militant pour la défense des oiseaux (emmenés par Allain Bougrain-Dubourg) ont débarqué le 9 novembre 2015 sur le terrain de sa propriété d'Audon dans les Landes, accompagnés par une myriade de caméras.

Son apparition en slip et armé d'une pelle pour faire fuir journalistes et militants, immortalisée par les objectifs, a largement circulé dans les médias, jusqu'à se transformer en meme internet. 

Déclarant que cette image peu flatteuse a profondément entaché sa réputation, il réclame à présent 200.000 euros au titre de ce préjudice à France Télévisions. Il veut aussi la suppression des clichés et captations incriminés, ainsi que leur interdiction à l'avenir. Le procès, retracé ici par France Bleu, s'est tenu mercredi. Le tribunal de Dax doit rendre sa sentence le 15 septembre prochain. 

De reportages en détournements 

Dans leur détail, les faits sont les suivants: le 9 novembre 2015, des sympathisants et membres de la Ligue de protection des oiseaux pénètrent dans la propriété de Jean-Marc Dutouya à Audon, dans les Landes, afin de mettre à bas ses pièges contre les volatiles. Le maître des lieux est alors occupé à faire sa toilette, mais son sang ne fait qu'un tour. 

Il ne prend pas le temps de s'habiller davantage et c'est en t-shirt bleu, slip et la pelle au poing qu'il sort pour faire déguerpir les importuns. Et c'est donc dans cette tenue qu'il sera filmé par les médias présents sur place. Très vite, les reportages illustrant l'épisode houleux traversé par ce coin des Landes sont diffusés à la télévision et sur internet où l'apparition de Jean-Marc Dutouya est vite détournée. 

En 2017, la justice a statué sur le fond du dossier, établissant que Jean-Marc Dutouya pouvait légitimement disposer des pièges sur son terrain mais l'avait condamné à une amende pour avoir repoussé un militant avec sa pelle. Mais ce mercredi 26 mai, le tribunal judiciaire de Dax a visé l'autre dimension de l'affaire: justement celle que Jean-Marc Dutouya, raillé y compris par ses voisins, considère comme une atteinte portée à sa réputation, et pour laquelle il demande donc 200.000 euros à l'audiovisuel public en réparations. 

Vision contre vision 

Exposant la vision des faits de son client, son avocat Frédéric Dutin a assuré que celui-ci avait perdu 9 kilos et avait subi un accident vasculaire-cérébral à cause de sa mésaventure médiatique. "Mon client a été livré en pâture dans des conditions d'irrespect de sa dignité. (...) Si mon client est sorti si vite, dans cette tenue, c'est parce que certains militants étaient en train de molester sa mère de 86 ans devant chez lui... Qui ne sortirait pas en slip à ce moment ? Qui prendrait le temps d'enfiler un peignoir?" a-t-il ajouté, comme le rapporte France Bleu.

France Télévisions fait valoir pour sa part que le groupe n'était pas le seul média sur place, ni le seul à immortaliser la scène. "C'est un reportage d'actualité, les journalistes ont fait leur travail, c'est dans l'intérêt général. (...) Lui se plaint de la réputation que ces images lui ont créé, mais l'intérêt général du public est protégé par la liberté de la presse", a déclaré leur conseil.

Le tribunal judiciaire de Dax départagera donc ces deux lectures dans trois mois et demi, à savoir le 15 septembre. 

Article original publié sur BFMTV.com

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