L'homme moderne a perfectionné sa diction en changeant de régime alimentaire

Bordenave, Vincent
Le régime alimentaire des premiers hommes déformait leur mâchoire et les empêchait de prononcer certains sons. / Wikimedia Commons/Didier Descouens

Le changement de régime alimentaire survenu au Néolithique a permis aux hommes de différencier les sons «F» et «V».

Le langage humain est incroyablement varié. Certains sons existent partout sur le globe comme le son «m» et le «a». D'autres sont plus rares, comme les clics de certaines langues de l'Afrique australe. On pense généralement que cette large gamme de sons est apparue avec l'émergence de l'Homo sapiens il y a environ 300.000 ans. Ce qui est plus surprenant en revanche, c'est que le régime alimentaire puisse avoir une influence sur la manière dont on parle. Selon une étude menée par Damian Blasi du département d'études linguistiques de l'Université de Zurich (Science, 14 mars), c'est pourtant le cas. Le développement de l'agriculture au néolithique en Europe aurait ainsi permis aux populations de prononcer distinctement les sons «F» et «V».

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«C'est la première fois que des travaux rigoureux permettent de lier directement l'alimentation aux capacités linguistiques», explique Dan Dediu, co-signataire et chercheur au laboratoire dynamique du langage à Université Lumière Lyon 2. «À partir d'approximativement 8000 ans en Europe, il y a eu d'immenses bouleversements avec la révolution néolithique. Les populations de chasseurs-cueilleurs ont été remplacées (ou intégrées) par des populations qui maîtrisaient l'agriculture.»

Une révolution qui a profondément modifié leur régime alimentaire. D'une alimentation peu transformée, les hommes sont passés à des mets plus raffinés et faciles à ingérer. «L'alimentation n'était pas forcément plus riche», insiste Dan Dediu. «On sait que le changement de régime alimentaire a pu, dans un premier temps, s'accompagner de certaines carences. Les populations pouvaient avoir tendance à manger tout le temps la même chose. Mais les aliments transformés demandent moins (...) Lire la suite sur Figaro.fr

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