L'Homme avait déjà modifié les trois quarts de la planète il y a 12.000 ans

Céline Deluzarche, Journaliste
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Déforestation, artificialisation des sols, contamination aux pesticides, assèchement des lacs et de rivières… Partout où l’Homme passe, il semble provoquer des catastrophes environnementales en série. Il y aurait d’un côté la « bonne » nature complètement vierge, et de l’autre la nature qui serait en quelque sorte « dénaturée » par l’Homme. Mais selon les auteurs d’une nouvelle étude parue dans la revue PNAS, cette vision est trop simpliste.

90 % des forêts tropicales étaient occupées par l’Homme avant le Néolithique

Erle Ellis et ses collègues ont comparé des cartes des populations humaines et de l'utilisation des terres au cours des 12.000 dernières années avec des données sur la biodiversité mondiale, et ont constaté que l’impact de l’Homme sur la nature est loin d’être nouveau. « Il y a déjà 12.000 ans, près des trois quarts de la surface terrestre (72,5 %) étaient habités et donc façonnés par des sociétés humaines, dont plus de 95 % des forêts tempérées et 90 % des forêts tropicales », atteste Erle Ellis. Une différence minime avec la situation actuelle puisqu’on estime que 80 % de la biosphère terrestre a été transformée à des degrés divers par les populations humaines en 2017.

Ce n'est pas l’utilisation des terres elle-même qui entraîne une perte de biodiversité, c'est la façon dont elles sont utilisées

Autrefois, la nature colonisée par l’Homme présentait une mosaïque de paysages diversifiés favorables à la biodiversité. « Les chasseurs-cueilleurs, les premiers agriculteurs et les éleveurs partageaient souvent des paysages régionaux, pratiquant un large éventail d’activités de subsistance comme la chasse, la transhumance, la mobilité résidentielle, la polyculture ou la jachère », détaille Erle Ellis.

Carte d’utilisation des sols en 2017 et évolution entre -10.000 et aujourd’hui. La ligne rouge représente la population mondiale. © Erle Ellis et al, PNAS, 2021 - traduction et adaptation C.D pour Futura
Carte d’utilisation des sols en 2017 et évolution entre -10.000 et aujourd’hui. La ligne rouge représente la population mondiale. © Erle Ellis et al, PNAS, 2021 - traduction et adaptation C.D pour Futura

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