L'hommage de Ramallah à Shireen Abu Akleh, journaliste palestinienne tuée en Cisjordanie occupée

Officiels, journaliste et proches de la reporter d'Al Jazeera, tuée d'une balle dans la tête mercredi 11 mai à Jénine, se sont réunis par milliers à Ramallah pour saluer « une martyre ».

Avec notre correspondante régionale, Alice Froussard

Il y avait du monde ce matin à la Mouqata'a, le palais présidentiel palestinien, pour rendre hommage à Shireen Abu Akleh. D'un côté, des officiels palestiniens, le président de l'autorité palestinienne ainsi que ses ministres, des gouverneurs et des diplomates, de l'autre, des proches, des collègues, des membres de sa famille et tous les Palestiniens qui le souhaitaient. De nombreux journalistes ont également fait le déplacement pour couvrir l’événement.

Sous un soleil de plomb, la musique de la fanfare démarre puis s'arrête net au moment où le cercueil de Shireen Abu Akleh arrive recouvert d'un drapeau palestinien. Dans le silence de la foule, les sanglots de ses proches peuvent être entendus. La veille déjà, l'émotion était très forte lors d'un rassemblement devant les locaux de la chaîne panarabe Al Jazeera.

Puis Mahmoud Abbas le président palestinien prend la parole. Il précise dans son discours : Israël est entièrement responsable de la mort de Shireen Abu Akleh. Il ne croit pas en une enquête conjointe avec les Israéliens, précise qu’il ne leur fait pas confiance, « nous allons directement aller devant la Cour pénale Internationale pour traquer les criminels », insiste-t-il

Après avoir dit que la journaliste d'Al Jazeera avait « probablement » succombé mercredi à un tir de combattants palestiniens, Israël affirme ne pas écarter que la balle ait été tirée par ses soldats à Jénine en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par l'armée israélienne depuis 1967.

Al Jazeera accuse les forces israéliennes d'avoir tué « de façon délibérée » et de « sang froid » sa journaliste star, mortellement touchée d'une balle dans la tête alors qu'elle portait une veste pare-balles siglée « presse ». Sous les applaudissements du public, Mahmoud Abbas répète : Shireen Abu Akleh, la journaliste d’Al Jazeera, est une martyre palestinienne, une martyre de Jérusalem.

►À lire aussi : Journaliste d'Al Jazeera tuée à Jénine: Israël demande un examen de la balle, les pays arabes une enquête indépendante

L'annonce de son décès a suscité une vive émotion dans les Territoires palestiniens, dans le monde arabe, où ses reportages ont été suivis pendant plus de deux décennies, en Europe et aux États-Unis. Palestinienne, chrétienne et âgée d'une cinquantaine d'années, Shireen Abu Akleh avait travaillé à « La Voix de la Palestine », RMC Moyen-Orient (aujourd'hui Monte Carlo Doualiya, filiale du groupe FMM), avant de rejoindre la chaîne Al Jazeera, où elle s'est fait connaître à travers le Moyen-Orient pour son travail sur le conflit israélo-palestinien. Ses funérailles auront lieu vendredi à Jérusalem, où elle avait grandi.

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