L'histoire du peuplement de Madagascar se dévoile peu à peu

MAGE Consortium

L'histoire du peuplement de Madagascar reste largement mystérieuse. Des analyses génétiques réalisées sur les habitants commencent à éclairer leurs origines et permettent de mieux comprendre l'évolution des paysages de l'île.

A seulement 400 km de l'Afrique, l'île de Madagascar a été colonisée tardivement. Même si des indices suggèrent une présence humaine il y a 10.000 ans, les ancêtres des populations actuelles sont sans doute arrivés bien plus tard sur l'île, au cours de deux vagues de migration. Certains d'entre eux ont débarqué en provenance d'Asie, comme en témoigne la langue malgache, très proche de l'austronésien en usage à Taiwan, aux Philippines et en Polynésie jusqu'à l'Île de Pâques.

Pour mieux comprendre l'histoire du peuplement de Madagascar, a été lancé en 2007 le projet MAGE (Madagascar, Anthropologie, Génétique et Ethno-linguistique) impliquant une équipe internationale de spécialistes en anthropo-génétique coordonnée par des chercheurs du Laboratoire d'évolution et santé orale (Thierry Lettelier, EVOLSAN Université Toulouse) et des chercheurs de l'Institut des civilisations ICMAA (Chantal Radimilahy, Université d'Antananarivo).

Une vaste campagne d'échantillonnage

Pendant plus de 10 ans, les scientifiques ont sillonné l'île rouge, visitant environ 260 villages afin d'étudier les pratiques culturelles, les instruments de musique ou la langue qui y était parlée. Ils ont également prélevé des échantillons salivaires de 3000 habitants afin d'analyser leur profil génétique. "Cette vaste campagne a conduit à une première publication en 2017 qui a révélé que tous les malgaches vivants aujourd'hui sont issus de deux populations, l'une d'origine austronésienne et l'autre d'origine africaine parlant le bantou", résume Denis Pierron, un des coordinateurs du projet MAGE.

Dans une nouvelle étude, publiée dans la revue Current Biology, l'analyse du patrimoine génétique des Malgaches a été affinée et les chercheurs ont notamment tenté de comprendre comment et pourquoi tous les habitants partagent entre eux un grand nombre de petits segments de chromosomes identiques. Pour y parvenir, ils ont eu recours à des simulations informatiques afin de créer des populations virtuelles, d'obse[...]

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