"Quand l'Histoire n'a pas un poil de sec", la chronique de Bernard Pivot

Dans ma province, on disait : "Si on aperçoit le mont Blanc, c'est qu'il pleuvra demain. Si on ne l'aperçoit pas, c'est qu'il pleut!" On tapotait sur le baromètre pour suivre l'aiguille dans ses hésitations entre la pluie et le beau temps. Si les hirondelles volaient bas, touchant de leur ventre l'eau de l'étang, c'est qu'un orage menaçait. La pluie est certaine quand les chats passent derrière leurs oreilles une patte humidifiée d'un coup de langue. Mais c'est toute la gent animale qui change son comportement habituel quand elle sent qu'elle va bientôt être mouillée jusqu'aux os. La pluie rend béates les grenouilles et de mauvais poil les chiens. Ciel, la pluie!

Un livre ensoleillé par l'humeur malicieuse de son auteur

De Noé à Alain Gillot-Pétré, du Déluge à La Chaîne Météo, des gargouilles de Notre-Dame aux bâches vertes de Roland-­Garros, des prières pour que saint Médard ouvre les écluses, dites célestes, aux inondations des départements en alerte orange, du nimbus latin au nimbostratus, nouveau nom du nuage qui va se répandre, de la marquise de Sévigné qui exécrait le mauvais temps ("Au lieu de dire : après la pluie vient le beau temps, nous disons : après la pluie vient la pluie") au pauvre Monet que les continuelles averses empêchaient de peindre à Belle-Île, de la mousson au crachin, voici Histoire de la pluie en 40 épisodes. Un livre lumineux par son érudition, ensoleillé par l'humeur joyeuse, souvent ­malicieuse de son auteur, Jean-Louis Hue. Son style fluide, a-t...


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