LFI compte répondre à chaque 49.3 par une motion de censure mais pas toute la Nupes

Les députés insoumis à l'Assemblée nationale le 21 juin 2022  - BFMTV
Les députés insoumis à l'Assemblée nationale le 21 juin 2022 - BFMTV

Une riposte dans tous les cas. La France insoumise (LFI) devrait déposer une motion de censure après chaque utilisation de l'article 49, alinéa 3 par le gouvernement. "C'est très vraisembable, oui", a indiqué Clémence Guetté, députée insoumise du Val-de-Marne, sur France Info ce vendredi. Peu de place pour le doute donc.

La vice-présidente du groupe de LFI à l'Assemblée nationale et les siens pensent que ne "pas déposer une motion de censure serait une erreur après un troisième 49.3 dans la semaine" (sur le budget de la Sécurité sociale, ndlr). Clémence Guetté developpe: "On ne veut pas banaliser le fait que le gouvernement arrive et dise 'les textes vont passer tels quels'".

Selon elle, la motion de censure est "l'occasion [...] d'essayer de faire sortir ce qui se passe à l'Assemblée [...], de dire aux gens que toutes les oppositions, pour des raisons très différentes, s'opposent à ce projet de budget" de la Sécurité sociale.

"Banaliser les motions de censure"

Au sein de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes), tout le monde ne pense pas de même. Contrairement aux deux motions de censure déposées la semaine précédente, socialistes, écologistes et communistes n'ont pas co-signé avec les insoumis. Ils ne souhaitent pas "banaliser les motions de censure", comme l'a formulé le député communiste Pierre Dharréville.

En ce sens, le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure explique dans une interview pour Libération qu'il faut déposer une motion de censure sur le projet de loi de finances et de la Sécurité sociale "au moment de la lecture définitive". Et non à chaque aller-retour entre les deux chambres du Parlement.

Les différentes couleurs de la Nupes voient les choses différement. Invité de France 2 jeudi soir, Jean-Luc Mélenchon a expliqué très clairement l'objectif de ses troupes parlementaires: "faire tomber [le] gouvernement". Tout en exhortant les députés du parti Les Républicains (LR) à ne plus être "la roue de secours de la majorité".

Seules leurs voix ont manqué lundi dernier lors du vote de la motion de censure de la Nupes sur le projet de loi de finances alors que le Rassemblement national a décidé, au dernier moment, de la voter favorablement.

"Une coalition, ce n'est pas un parti unique"

Socialistes, communistes et écologistes ne semblent pas être prêts à suivre le même chemin que le leader de LFI. Invité de BFMTV-RMC le 18 octobre dernier, Fabien Roussel avait défendu des motions de censure qui permettent avant tout de passer un message au gouvernement: Qu'il "entende que l'Assemblée nationale est à l'image de ce que les Français ont voulu et qu'il doit respecter le débat parlementaire".

Lundi prochain, lors du vote de la motion de censure des insoumis, la gauche pourrait laisser apparaître des divisions entre ses élus prêts à voter la disposition et ceux s'abstenant. Cela alors même que le camp présidentiel a cherché à l'affaiblir en la mettant sur même plan que l'extrême droite cette semaine.

"Une bonne partie [des députés de la Nupes] a déjà déclaré qu'ils allaient voter" la motion de censure, a cherché à rassurer Clémence Guetté sur France Info. Dans Libération, Olivier Faure a déployé un élément de langage bien connu depuis la formation de la coalition des gauches.

"Chaque groupe a toujours conservé sa liberté d'appréciation", explique le patron des socialistes. "Une coalition, ce n'est pas un parti unique. Chacun conserve son identité".

Reste que le sujet des motions de censure devrait régulièrement revenir sur la table. Mercredi, Jean-Luc Mélenchon a parié sur son blog sur "quinze utilisation du 49.3" par le gouvernement.

Article original publié sur BFMTV.com