L'extradition d'un proche de Maduro vers les États-Unis suscite l'ire de Caracas

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Le Venezuela a annoncé samedi qu'il suspendait les négociations avec l'opposition qui devaient reprendre ce week-end, après que le Cap-Vert a extradé l'homme d'affaires colombien Alex Saab, un envoyé vénézuélien, vers les États-Unis pour blanchiment d'argent.

Alex Saab, un homme d'affaires proche du président vénézuélien Nicolas Maduro et accusé de blanchiment a été extradé, samedi 16 octobre, du Cap-Vert vers les États-Unis, ce qui a déclenché la colère de Caracas, qui a suspendu sa participation au dialogue avec l'opposition.

Considéré comme un important intermédiaire du pouvoir vénézuélien, Alex Saab "est dans l'avion en route vers les États-Unis", a indiqué une source au sein de son équipe juridique. Il est censé avoir "sa première audition judiciaire lundi 18 octobre" devant un tribunal de Floride, a précisé le ministère américain de la Justice dans un communiqué, confirmant cette extradition.

L'homme d'affaires colombien, 49 ans, et son partenaire Alvaro Pulido sont accusés aux États-Unis d'être à la tête d'un vaste réseau ayant permis au dirigeant socialiste Nicolas Maduro et à son régime de détourner à leur profit de l'aide alimentaire à destination du Venezuela.

>> À voir : En Colombie, la faim et la détresse des réfugiés vénézuéliens

Ils sont soupçonnés d'avoir transféré quelque 350 millions de dollars (environ 302 millions d'euros) du Venezuela vers des comptes qu'ils contrôlaient aux États-Unis et dans d'autres pays.

Ils risquent jusqu'à 20 ans de prison. Alex Saab, qui a également la nationalité vénézuélienne et un passeport diplomatique vénézuélien, a été inculpé en juillet 2019 à Miami pour blanchiment d'argent, et arrêté lors d'une escale d'avion au Cap-Vert, au large de l'Afrique de l'Ouest, en juin 2020.

"La cheville ouvrière des affaires du régime Maduro"

"Tout ce qu'on saura sur Alex Saab et la grande corruption au plus haut niveau du pouvoir au Venezuela sera en partie grâce à la justice" du Cap-Vert, "qui a résisté aux pressions", s'est félicité Roberto Deniz, journaliste spécialiste du dossier.

"Jamais (Caracas) ne s'était autant démené pour quelqu'un. Qu'est-ce qui explique qu'on remue ciel et terre pour lui ? Il peut révéler des choses sur les montages, la circulation des fonds, les surcoûts... C'était la cheville ouvrière des affaires du régime Maduro avec les pays alliés", avait-il récemment affirmé à l'AFP.

"Nous avons été informés qu'Alex Saab avait été embarqué dans un avion du département de la Justice des États-Unis et envoyé dans ce pays", a déclaré José Manuel Pinto Monteiro, un de ses avocats au Cap-Vert. "L'extradition est illégale car la procédure n'était pas encore définitive."

Celle-ci a déclenché l'ire de Caracas qui a "suspendu sa participation (...) au dialogue. Nous n'assisterons pas au (quatrième) round qui devait commencer le 17 octobre à Mexico, en protestation à la brutale agression (...) contre Alex Saab", a annoncé le président du Parlement Jorge Rodriguez, chef de la délégation du pouvoir.

Alex Saab avait été désigné comme membre de la délégation du pouvoir pour le précédent tour en septembre.

Pouvoir et opposition ont entamé des négociations en août. Le pouvoir veut une suppression des sanctions imposées par les pays qui ne reconnaissent pas l'élection de Maduro. L'opposition, qui a rompu avec sa stratégie de boycott (présidentielle 2018 et législatives 2020), veut des élections libres et transparentes en vue du scrutin régional du 21 novembre, mais surtout de la présidentielle de 2024.

"Les détenus américains au Venezuela désormais utilisés comme des pions politiques"

L'opposant Julio Borges a lui déclaré à l'AFP qu'avec l'extradition commence "le passage devant la justice de quelqu'un qui a volé des millions de dollars aux Vénézuéliens, qui est responsable direct de la faim et de la crise humanitaire" au Venezuela.

Sans qu'il y ait de lien officiel, six anciens cadres de Citgo, filiale aux États-Unis de la compagnie pétrolière d'État vénézuélienne PDVSA, ont été remis en prison dimanche, a appris l'AFP auprès d'un de leurs avocats.

Condamnés à des peines de 8 à 13 ans pour corruption en novembre 2020, ils avaient bénéficié d'une assignation à résidence en avril, ce qui avait été alors perçu comme un geste de bonne volonté du président Maduro en direction de Washington.

"Les détenus américains au Venezuela sont désormais utilisés comme des pions politiques", a réagi l'ex-diplomate américain Bill Richardson, qui a mené une mission infructueuse au Venezuela pour obtenir leur libération l'année dernière. "Nous continuerons à faire pression pour leur libération", a-t-il ajouté.

Ivan Duque, le président colombien, un des principaux adversaires politiques de Caracas, s'est félicité sur Twitter de l'extradition en parlant de "victoire dans la lutte contre le trafic de drogue, le blanchiment d'actifs et la corruption que la dictature de Nicolas Maduro a favorisés".

Avec AFP

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