L'expulsion d'Hassan Iquioussen "n'est pas le point final de cette saga législative", selon son avocate

L'imam Hassan Iquioussen sort après une audience à la cour d'appel de Mons, le 10 novembre 2022. - Kenzo TRIBOUILLARD / AFP
L'imam Hassan Iquioussen sort après une audience à la cour d'appel de Mons, le 10 novembre 2022. - Kenzo TRIBOUILLARD / AFP

L'expulsion de l'imam marocain Hassan Iquioussen vers le Maroc par la Belgique n'est en rien le "point final de cette saga judiciaire", a affirmé son avocate Me Lucie Simon ce dimanche sur BFMTV. Vendredi, ce prédicateur du nord de la France a été renvoyé dans un avion vers Casablanca après la délivrance jeudi d'un laissez-passer par le consulat du Maroc à Liège.

L'homme s'était réfugié en Belgique à la fin de l'été, après son expulsion de France pour des "propos incitant à la haine et à la discrimination". Le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin avait annoncé son expulsion fin juillet, et il a précisé que l'arrêté d'expulsion français valait "interdiction de retour" sur le sol européen.

"Un marchepied politique pour justifier une réforme législative"

"C'est loin d'être le point final à ce que certains ont appelé 'une saga judiciaire'", a déclaré Me Lucie Simon. "Nous sommes à la veille de la décision du tribunal administratif de Paris (...) qui n'a pas encore décidé si cette expulsion était illégale ou non".

"Si nous obtenons l'annulation de la décision d'expulsion, alors il devrait logiquement y avoir un réacheminement d'Hassan Iquioussen en France et la délivrance d'une carte de résident", a poursuivi l'avocate.

Sur notre plateau, Me Lucie Simon a également regretté une décision qui s'apparente pour elle à "un marchepied politique pour justifier une réforme législative (le projet de loi sur l'immigration)". "Pour moi, ce sont les symptômes d'une démocratie qui est plutôt malade. Je crois qu'on a tous à être inquiets de cette expulsion", a-t-elle déploré, regrettant de voir planer "l'ombre du ministère de la Justice" sur cette décision.

"Un véritable déracinement"

La potentielle annulation de cette décision devrait, selon elle, intervenir dans le courant du premier semestre de l'année 2023. L'avocate a aussi indiqué que son client Hassan Iquioussen souhaitait "évidemment" rentrer en France.

"Pour lui c'est un véritable déracinement. On est pas sur le cas d'un étranger qui retournerait dans son pays d'origine. On est dans le cas d'un exil, c'est-à-dire qu'il se sent comme condamné à quitter son pays d'origine", développe l'avocate, qui rappelle que "c'est quelqu'un qui est né en France, dont toute la famille est française, et qui du jour au lendemain, sur fond de décision éminemment politique et médiatique, va devoir absolument tout quitter".

Enfin, selon elle, Hassan Iquioussen "ne se projette pas du tout comme vivant au Maroc. Il a toutes ses habitudes, ses amis, ses proches en France et donc il a foi en la justice française".

Article original publié sur BFMTV.com