L'ex-grand rabbin de Moscou craint une possible hausse de l'antisémitisme en Russie

La Place Rouge à Moscou en avril 2022 - Cédric Faiche
La Place Rouge à Moscou en avril 2022 - Cédric Faiche

L'ancien grand rabbin de Moscou, qui a quitté la Russie en signe de protestation à l'invasion de l'Ukraine, a alerté ce jeudi sur une possible hausse de l'antisémitisme en Russie, évoquant des "nuages sombres à l'horizon" pour les juifs de son pays.

"Il y a de nombreux nuages sombres à l'horizon, cela s'est illustré par le grand exode de nombreux membres de la communauté juive", a déclaré Pinchas Goldschmidt, qui a quitté la Russie en mars et réside aujourd'hui en Israël.

Lors d'une discussion en ligne avec des journalistes, il a souligné que les juifs étaient partis par peur qu'un nouveau "rideau de fer" ne les empêche de quitter le territoire à l'avenir et a fait part de sa crainte d'"une hausse de l'antisémitisme" en Russie.

"Notre communauté n'a pas soutenu la guerre"

Il a affirmé que "la communauté juive en Russie a subi des pressions (...) pour soutenir ouvertement la guerre. Notre communauté n'a pas soutenu la guerre".

"À l'heure actuelle, il me serait impossible de retourner (en Russie) et si j'étais resté le grand rabbin de Moscou, je ne serais pas en mesure de parler ouvertement sans mettre en danger ma communauté", a-t-il assuré.

"J'ai décidé de rester en exil jusqu'à ce que la situation politique change", a-t-il ajouté, au moment où les relations entre la Russie et Israël connaissent un épisode de tensions.

Des liens cruciaux entre Israël et Moscou

La récente volonté de Moscou de fermer l'Agence juive, organisation para-gouvernementale israélienne chargée de l'immigration juive en Israël, a été fortement dénoncée par l'Etat hébreu qui y voit une mesure punitive en réaction aux positions du nouveau gouvernement contre l'offensive russe en Ukraine, lancée en février. Pour le ministère de la Justice russe, l'Agence juive enfreint la loi, ce qui expliquerait cette décision. Une audience est fixée au 19 août à Moscou.

D'après l'Agence juive, 16.000 juifs russes sont arrivés en Israël depuis le début de l'offensive. Pour Pinchas Goldschmidt, plus de 30.000 autres personnes, détentrices de la double nationalité russo-israélienne, ont quitté la Russie depuis le 24 février. Après l'invasion en Ukraine, Israël a adopté une position prudente, le Premier ministre alors en poste, Naftali Bennett, faisant valoir des liens privilégiés avec les deux pays.

Mais son successeur Yaïr Lapid a critiqué l'offensive depuis sa prise de fonction début juillet, tout en restant prudent afin de préserver les liens avec Moscou, considérés comme cruciaux pour préserver la capacité d'Israël à mener des frappes aériennes en Syrie, où Moscou est présent en soutien au régime. Israël y cible notamment des groupes proches de l'Iran, son ennemi numéro un.

De plus, Israël compte plus d'un million de citoyens originaires de l'ex-Union soviétique.

Article original publié sur BFMTV.com

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