L'exécutif français va créer un poste d'ambassadeur aux droits LGBT+

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© Georges Gobet, AFP
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À Orléans, la Première ministre Élisabeth Borne a annoncé jeudi la création d'un poste d'ambassadeur aux droits LGBT+ et la constitution d'un fonds de 3 millions d'euros en faveur des centres d'accueil. Elle a aussi été sommé réagir, une nouvelle fois, aux propos de sa ministre Caroline Cayeux qui, dans un entretien, avait employé l'expression "ces gens-là" au sujet des homosexuels..

En déplacement à Orléans, Élisabeth Borne a annoncé jeudi 4 août la création d'un poste "d'ambassadeur aux droits LGBT+" mais aussi d'un fonds de 3 millions d'euros en faveur des centres d'accueil. La cheffe du gouvernement visitait un centre LGBT dans le centre-ville à l'occasion du 40e anniversaire de la loi dépénalisant l'homosexualité.

"Oui, la France a pris des lois qui ont visé et discriminé les personnes homosexuelles", mais "heureusement, les combattants de l'égalité n'abandonnent jamais", a déclaré Élisabeth Borne.

Après avoir écouté les responsables de l'association, qui ont notamment pointé la baisse de subventions et des moyens insuffisants, la Première ministre a annoncé la création d'un fonds de 3 millions d'euros "pour créer 10 nouveaux centres LGBT+ et pour renforcer les 35 qui existent déjà" afin "qu'il y ait au moins deux centres dans chaque région de l'Hexagone et au moins un centre dans chaque région d'Outre-mer".

Ce fonds sera inscrit dans la loi de Finances pour 2023 et la somme portera sur la période 2023-2026. En 2023, 1,5 million d'euros sera débloqué, a-t-on précisé à Matignon.

>> À voir aussi : être homosexuel en France : la lutte pour l'égalité se poursuit

"Défendre la dépénalisation universelle de l'homosexualité et de la transidentité"

Soulignant des "remises en cause, y compris sur le droit européen" – une claire allusion à la Hongrie de Viktor Orbán –, Élisabeth Borne a également annoncé la création d'un poste "d'ambassadeur aux droits LGBT+".

Cet ambassadeur, nommé "d'ici la fin de l'année", "coordonnera l'action du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères pour la protection contre les discriminations et la promotion des droits LGBT+ : il portera la voix de la France, il défendra notamment la dépénalisation universelle de l'homosexualité et de la transidentité", a-t-elle précisé.

La Première ministre s'est également dite prête à "regarder" une proposition de loi annoncée mercredi par les sénateurs socialistes "portant réparation des personnes condamnées pour homosexualité entre 1942 et 1982". Le régime de Vichy avait introduit une discrimination entre les relations hétérosexuelles – la majorité sexuelle étant alors fixée à 15 ans – et homosexuelles, pénalisées si l'un des partenaires était mineur (à l'époque, 21 ans).

La discrimination était restée en vigueur lors de l'abaissement de la majorité à 18 ans en 1974, avant que la gauche ne l'abroge le 4 août 1982 et n'aligne la majorité sexuelle à 15 ans, quel que soit le sexe des partenaires.

"Aujourd'hui, nous nous souvenons de cette injustice, des souffrances qu'elle a infligées. Je pense à tous ceux qui étaient entravés dans leur liberté, leurs amours, qui furent arrêtés, jugés, sanctionnés. La Nation n'oublie pas", a pour sa part écrit Emmanuel Macron dans un message sur Facebook publié jeudi matin.

Nouvelle interpellation sur le "ces gens-là" de la ministre Cayeux

Au cours de sa visite, Élisabeth Borne a aussi été de nouveau interpelée au sujet de la ministre Caroline Cayeux, qui, lors d'une interview donnée mi-juillet, avait employé l'expression "ces gens-là" pour qualifier les homosexuels.

"Entendre en 2022 des choses que j'entendais à Beauvais quand j'étais adolescent, c'est complètement incroyable", a lancé le secrétaire de l'association, Christophe Desportes-Guilloux, originaire de la ville dont Caroline Cayeux fut la maire, en déplorant que "ces paroles dites par des responsables nationaux remettent en cause le travail que l'on fait auprès des jeunes".

Élisabeth Borne a campé sur sa position : "Très clairement, la ligne du président de la République, ma ligne, la ligne du gouvernement n'est pas ambigüe : on continuera à se battre" en faveur des droits des homosexuels, en reconnaissant "des propos malheureux" et en faisant valoir "les excuses" présentées par la ministre.

"On n'attend pas des excuses, (mais) que les décisions qui vont être prises soient effectivement de lutte contre les discriminations", a expliqué, un peu plus tard, Christophe Desportes-Guilloux à la presse.

Dans un communiqué, l'association GayLib – associée au Parti radical, membre de la majorité présidentielle – s'est félicitée des annonces de la Première ministre, "tout en restant vigilante quant à leur effectivité y compris au sein du gouvernement" et en réclamant à nouveau la démission de Caroline Cayeux.

L'inter-LGBT a, pour sa part, considéré auprès de l'AFP que les nouveaux fonds alloués allaient "dans la bon sens", de même que la nomination d'un ambassadeur, en réclamant "un corps diplomatique sensibilisé à ces questions".

Avec AFP

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