Levée de l'état d'urgence au Soudan

Les autorités militaires ont décrété dimanche 29 mai la levée de l’état d’urgence imposé le 25 octobre lors du coup d’État qui avait mis fin à la transition démocratique amorcée à la chute d’Omar el-Béchir.

Avec notre correspondant à Khartoum, Eliott Brachet

Le décret de levé de l'état d'urgence a été signé de la main du général Burhane au lendemain d’une nouvelle journée de répression sanglante. Samedi, deux manifestants opposés au coup d’État ont été tués par les forces de l’ordre. Une violence dénoncée le jour même par le représentant de la mission de l’ONU à Khartoum, Volker Perthes. « Une fois encore, il est temps de lever l’état d’urgence et de trouver une solution pacifique à cette crise », avait-t-il déclaré.

La décision de la junte apparaît donc comme un geste d’apaisement vis-à-vis de la communauté internationale. Les putschistes qui ont perdu le soutien financier des bailleurs internationaux cherchent une issue après sept mois de marasme, avec une économie au bord du gouffre. Ils se disent prêts à participer aux tentatives de médiations chapeautées par l’ONU, l’Union africaine et l’Igad. Pour le moment, ces pourparlers qui entrent dans leur deuxième phase n’ont donné aucun résultat.

Les prisonniers politiques seront-ils libérés ?

La junte qui s’était débarrassée de ses partenaires civils affirme désormais vouloir créer les conditions favorables au dialogue avec toutes les composantes politiques du pays. Les autorités promettent ainsi la libération des détenus politiques arrêtés sous le régime d’exception. Une décision accueillie avec scepticisme par les collectifs d’avocats qui luttent bénévolement depuis sept mois contre les détentions arbitraires.


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