L'Europride LGBTQ maintenue à Belgrade malgré l'interdiction

Un militant LGBTQ ajuste une bannière lors de la cérémonie d'ouverture de l'Europride 2022 à Belgrade, le 12 septembre 2022. - OLIVER BUNIC / AFP
Un militant LGBTQ ajuste une bannière lors de la cérémonie d'ouverture de l'Europride 2022 à Belgrade, le 12 septembre 2022. - OLIVER BUNIC / AFP

Les représentants de la communauté LGBTQ ont annoncé ce vendredi qu'ils défileraient le lendemain à Belgrade sur un parcours raccourci malgré l'interdiction de la marche de l'Europride par les autorités serbes.

La Serbie, pays candidat à l'Union européenne, est soumise à d'intenses pressions internationales depuis qu'elle a interdit le défilé, point d'orgue de l'Europride, un événement paneuropéen qui se tient chaque année dans un pays différent.

"Nous avons été acculés dans une situation où nous n'avons pas le choix. Malgré l'interdiction, nous allons nous rassembler", a déclaré à la presse Goran Miletic, l'un des organisateurs de la Belgrade Pride.

Les organisateurs ont présenté une pétition au gouvernement serbe ayant rassemblé près de 30.000 signatures selon eux.

Ils ont accepté de raccourcir considérablement le parcours du défilé prévu en fin d'après-midi mais l'incertitude demeurait sur sa tenue, le président serbe Aleksandar Vucic réaffirmant que l'interdiction de manifester émise par le ministère de l'Intérieur serait respectée.

Colère de plusieurs ambassadeurs occidentaux

Les ONG de défense des droits à travers l'Europe ont dénoncé la décision de Belgrade tandis que plus d'une vingtaine d'ambassades à Belgrade, dont celle des Etats-Unis, d'Allemagne, de France et des Pays-Bas, du Canada ou du Japon, ont appelé vendredi à une "solution permettant qu'une marche de l'Europride puisse prendre place dans la sécurité, la légalité et la paix".

"Nous soutenons la lutte contre les discours de haine, la violence et les discriminations visant les individus et communautés LGBTIQ+ dans toutes les régions du monde, y compris la Serbie", dit le communiqué conjoint des ambassades.

Le ministère de l'Intérieur avait formellement interdit la marche mardi en invoquant des raisons de sécurité, des groupes d'extrême droite menaçant de mener une contre-Pride. Il a également interdit les contre-manifestations.

En Serbie, une homophobie profondément ancrée

La Serbie est candidate à l'UE depuis une décennie mais des États membres ont fait part au fil des ans de leurs préoccupations quant à son bilan en matière de droits humains.

L'interdiction est survenue après l'appel en ce sens fin août d'Aleksandar Vucic, invoquant des tensions avec l'ancienne province serbe du Kosovo ou des inquiétudes sur l'énergie.

Le mariage des couples de même sexe n'est pas légal dans le pays de moins de sept millions d'habitants où l'homophobie est profondément enracinée malgré quelques progrès contre les discriminations. Les marches des fiertés de 2001 puis 2010 ont été entachées de violences après avoir été ciblées par l'extrême droite.

Voici quelques jours, des milliers de personnes, gangs de motards, prêtres orthodoxes et nationalistes d'extrême droite sont descendus dans la rue pour réclamer l'annulation du défilé. Dans des groupes de chats d'extrême droite sur les réseaux sociaux, des usagers appelaient à manifester samedi devant des églises contre l'Europride.

Article original publié sur BFMTV.com