"L'Europe et le sexe des anges", la chronique de Teresa Cremisi

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La semaine dernière le Parlement européen a examiné deux amendements concernant les appellations de produits végans. La loi en discussion, dans l'intention d'introduire un peu de clarté sur les étiquetages et de rétablir une certaine logique lexicale, prévoyait que l'on ne puisse pas se servir de termes comme "steak" ou "hamburger" pour des préparations rigoureusement sans viande. De même, les mots "lait" ou "fromage" ne devaient plus désigner que des denrées lactées. Ne me demandez pas pourquoi Bruxelles s'occupe avec tant d'entrain d'usages linguistiques : je l'ignore.

Ce que j'ai compris en revanche, c'est que la bataille sémantique mobilisait des arguments à la fois philosophiques et sanitaires. D'un côté, les omnivores terre à terre qui prétendaient qu'un cochon est un cochon, une céréale une céréale et qu'il était impropre d'utiliser des termes déconnectés de leur contenu (Aristote, au secours !), de l'autre côté l'armée des végétariens (sous la bannière de l'association EVU = Union des végétariens européens) et les Verts, concernés par l'avenir de la planète, qui militaient pour continuer à s'approprier des mots de la gastronomie traditionnelle dans un but humanitaire. Il paraît que, si une préparation alimentaire fabriquée à partir de haricots ou de maïs est officiellement désignée comme "escalope", ce sera bien pour la santé des citoyens. Ils seront ainsi incités à manger plus de légumes.

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La raison pou...


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