L'Europe finit dans le désordre entre repli obligataire et craintes sanitaires

par Laetitia Volga
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LES BOURSES EUROPÉENNES TERMINENT EN ORDRE DISPERSÉ

par Laetitia Volga

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes ont fini lundi en ordre dispersé une séance relativement calme, tiraillées entre le repli des rendements obligataires et les craintes pour la reprise économique.

À Paris, le CAC 40 a perdu 0,49% à 5.968,48 points, plombé par la baisse de Kering qui aurait approché Richemont en vue d'un éventuel rachat, avance rejetée par le groupe suisse. Le Footsie britannique a pris 0,26% et le Dax allemand a gagné 0,25%.

L'indice EuroStoxx 50 a reculé de 0,08%, le FTSEurofirst 300 a avancé de 0,22% et le Stoxx 600 de 0,19%.

A l'heure de la clôture européenne, les principaux indices de Wall Street étaient en hausse, le Nasdaq (+1,66%) profitant du rebond des valeurs technologiques avec le recul des rendements des emprunts d'Etat.

Après la France, l'Allemagne pourrait à son tour serrer la vis face à l'épidémie de coronavirus en prolongeant pour un cinquième mois ses mesures de confinement lors d'une réunion entre la chancelière Angela Merkel et des dirigeants des Länder.

Deutsche Bank a abaissé sa prévision de croissance de l'économie allemande à 2% pour le deuxième trimestre contre une estimation précédente de 4%.

"La question est de savoir si les investisseurs resteront calmes face à l'incertitude croissante. Si la campagne de vaccination se déroulait avec succès, il serait beaucoup plus facile pour les acteurs du marché d'ignorer la forte hausse des nouveaux cas," a déclaré Milan Cutkovic, analyste chez AxiCorp.

VALEURS

Les valeurs bancaires ont souffert, en particulier les plus exposées au marché turc après le limogeage brutal du gouverneur de la banque centrale de Turquie, deux jours après une forte hausse des taux d'intérêt destinée à enrayer l'inflation: BBVA a reculé de 7,72% et ING de 2,94%.

Le secteur du tourisme et des loisirs a perdu 0,67% alors qu'il devient de plus en plus probable que la saison estivale sera perturbée par la pandémie, une ministre britannique ayant même conseillé à la population d'attendre avant de réserver des vacances à l'étranger.

Parmi les plus fortes baisses du Stoxx 600, Lufthansa, IAG et TUI a cédé entre 3,12% et 4,93%.

AstraZeneca a gagné 3,29% après avoir annoncé que son vaccin anti-COVID-19 s'était montré efficace à 79% dans la prévention des symptômes de la maladie dans le cadre d'un important essai clinique.

Richemont a pris 3% après une information selon laquelle le groupe de luxe suisse a été approché en janvier par Kering (-2,86%) en vue d'une possible fusion mais qu'il avait rejeté cette proposition.

Volkswagen a grimpé de 7,29% à la suite d'un relèvement d'objectif de cours de Deutsche Bank à 270 euros contre 185 euros tandis que Plastic Omnium a perdu 3,99% après un abaissement du conseil de J.P. Morgan, à "neutre".

TAUX/CHANGES

Sur le marché obligataire, le rendement des Treasuries à dix ans perd cinq points de base à 1,6822% et celui du Bund allemand a lâché près de deux points, à -0,313%.

La livre turque se déprécie de 8,19% face au dollar après le changement à la tête de la banque centrale.

A la hausse, le yen et le franc suisse figurent parmi les principaux bénéficiaires de la demande pour les actifs plus sûrs avec la chute de la livre turque.

L'indice mesurant l'évolution du billet vert face à un panier de devises de référence recule de 0,16% dans le sillage des rendements des Treasuries.

PÉTROLE

La crainte d'un ralentissement de la demande lié aux mesures de restrictions en Europe pèse sur le marché du pétrole où le baril de Brent recule de 0,4% à 64,2 dollars et celui de brut léger américain de 0,36% à 61,2 dollars.

(Laetitia Volga, édité par Bertrand Boucey)