Lettre de Macron aux Français : « Ce serait bien que le président reste à sa place », cingle le sénateur centriste Loïc Hervé

« Je demande à l’ensemble des forces politiques se reconnaissant dans les institutions républicaines, (…) d’engager un dialogue sincère et loyal pour bâtir une majorité solide, nécessairement plurielle, pour le pays », appelle Emmanuel Macron dans une lettre adressée aux Français et publiée dans la presse quotidienne régionale ce 10 juillet.

Une prise de parole du chef de l’État qui semble plutôt mal accueillie par les parlementaires, après plusieurs jours de silence depuis le second tour des élections législatives. « Après une dissolution qui a mis le pays dans la situation dans laquelle elle est aujourd’hui, le président ferait bien de prendre un peu de recul », tance Loïc Hervé, « ce serait bien que le président de la République reste à la place qui est la sienne. »

« Nous ferions bien de démontrer que c’est au Parlement que les choses se passent »

Pour le sénateur centriste, la période qui s’ouvre après ces élections législatives est celle d’une « fin de règne » du président de la République, propice à une réaffirmation de la démocratie parlementaire. « Nous ferions bien de démontrer que c’est au Parlement que les choses se passent, c’est aux responsables parlementaires à l’Assemblée, au Sénat, de discuter et de proposer quelque chose qui permette de sortir le pays de l’ornière, au moins temporairement », affirme Loïc Hervé.

Dans cette optique, les discussions se poursuivent pour former une coalition à l’Assemblée nationale. Avec l’Union centriste, le sénateur plaide de son côté pour que celle-ci rassemble « les formations du bloc central », des socialistes aux Républicains. Tout juste élu à la tête des députés LR, Laurent Wauquiez affirme toutefois que son groupe ne participera pas « à des coalitions gouvernementales ».

Une position que dénonce Loïc Hervé, comme l’a fait le président du groupe centriste au Sénat Hervé Marseille avant lui sur le plateau de Public Sénat ce 10 juillet. « Un certain nombre de députés LR ont bénéficié de désistements, parfois ils n’ont même pas eu de candidats de la majorité présidentielle sortante face à eux au premier tour des élections législatives. Il faut qu’ils se rendent compte qu’ils font parti de l’arc républicain que nous avons construit », regrette-t-il. Le sénateur appelle ainsi les députés LR à cesser de « se dédouaner tout le temps », de « repousser au lendemain » des discussions qui semblent inévitables pour sortir de l’impasse dans laquelle se trouve aujourd’hui l’Assemblée nationale.