L'ethnomusicologue Monique Brandily, la «maman Tibesti», est morte

On l'a appris ce week-end, l’ethnomusicologue Monique Brandily s’est éteinte le 22 août à Paris en France, à l’âge de 100 ans. Monique Brandily, surnommée affectueusement « maman Tibesti », c’est la mémoire d’une vie passée dans le désert tchadien, à enregistrer des musiques du désert et collecter des instruments. Un travail exceptionnel, une valorisation du patrimoine culturel tchadien.

Avec notre correspondante à Ndjamena, Aurélie Bazzara-Kibangula

C’est ému qu’Adoum Yakoub se rappelle les moments passés dans le Tibesti avec « son amie » Monique Brandily. L’ethnomusicologue a arpenté cette province du nord du Tchad dès 1961 pour enregistrer les chants et les sons des instruments : « J’ai eu la chance de connaître madame Monique Brandily, il y a très exactement 44 ans. Elle était comme chez elle au Tibesti. Je l’ai toujours vue avec son magnétophone et son micro, en fonction des musiques, debout avec tout le monde, en train d’enregistrer ».

Valorisation du patrimoine tchadien

Son travail inédit a permis de mettre en avant les richesses culturelles du Tchad. Philippe Adoum Gariam, directeur du Musée national tchadien : « En 1994, elle a été experte sur la collecte des instruments de musique. Au moins 200 d’entre eux sont conservés et valorisés au Musée national. Elle a travaillé sur le luth keleli. Tout le monde était très étonné de voir une dame toucher les instruments de musique utilisés par les hommes ».

Un projet d’inventaires des instruments que Monique Brandily à collecter est en préparation pour exposer, un jour, le travail de celle que ses amis appellent affectueusement « maman Tibesti ».


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