Quatorze morts en Catalogne, l'attaquant de Barcelone aurait été tué

par Andrés González, Angus Berwick et Carlos Ruano
La police catalane a lancé une vaste opération antiterroriste vendredi après avoir abattu cinq suspects à Cambrils (photo), à 120 km au sud de Barcelone, ville touchée quelques heures plus tôt par une attaque à la fourgonnette qui a fait au moins 13 morts. /Image diffusée le 18 août 2017/REUTERS

par Andrés González, Angus Berwick et Carlos Ruano

BARCELONE (Reuters) - Le conducteur de la camionnette qui a foncé dans la foule jeudi après-midi à Barcelone, faisant 13 morts, est l'un des cinq hommes abattus par la police quelques heures plus tard à l'occasion d'une autre attaque, qui a fait un mort, dans la station balnéaire de Cambrils, rapporte vendredi la presse espagnole.

Jeudi, le chauffeur qui a fauché la foule sur les Ramblas, la grande artère emblématique de Barcelone, a abandonné le véhicule et s'est enfui à pied.

Quelques heures plus tard, la police abattait cinq suspects qui avaient dirigé leur voiture contre des policiers et des piétons à Cambrils, à 120 km au sud de Barcelone. Une Espagnole a trouvé la mort. Il y a eu plusieurs blessés. Les suspects portaient de fausses ceintures d'explosifs et étaient armés de couteaux et d'une hache.

Au total, l'attaque de Barcelone, revendiquée par l'Etat islamique, et celle de Cambrils, ont fait 126 blessés dont 65 sont toujours hospitalisés et 17 sont dans un état grave. Selon la presse espagnole, plusieurs enfants ont été tués.

Les victimes - morts et blessés - sont de 34 nationalités, Barcelone et la côte méditerranéenne espagnole attirant un grand nombre de touristes du monde entier. Le secrétaire d'Etat américain a confirmé la mort d'un Américain.

Vingt-huit blessés sont français, dont huit sont dans un état grave, a dit le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, qui s'est rendu à Barcelone vendredi.

La France, par la voix d'Emmanuel Macron, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la Russie ou encore le Vatican ont exprimé leur solidarité envers l'Espagne, qui n'avait plus connu d'attentat aussi meurtrier depuis celui revendiqué par Al Qaïda qui fit 191 morts et plus de 1.800 blessés en mars 2004 en gare d'Atocha à Madrid.

A Barcelone, les habitants ont observé une minute de silence à midi en mémoire des victimes, en présence du roi Felipe et du président du gouvernement, Mariano Rajoy.

"JE N'AI PAS PEUR"

Alors que s'ouvrait une période de trois jours de deuil national, Barcelonais et touristes sont retournés sur les Ramblas pour y déposer des fleurs et des bougies en mémoires des victimes. La foule criait : "Je n'ai pas peur" en Catalan.

La course meurtrière d'un véhicule projeté sur des piétons rappelle les attaques commises depuis le 14 juillet 2016 à Nice, Londres, Berlin et Stockholm, qui ont fait plus de 100 morts.

Selon le chef de la police catalane, Josep Lluis Trapero, l'enquête se concentre sur une maison à Alcanar, une localité au sud-ouest de Barcelone. La maison a été détruite par une explosion mercredi peu avant minuit.

La police estime que la maison était utilisée pour préparer un ou plusieurs attentats de grande ampleur à Barcelone, peut-être à l'aide des bombonnes de gaz butane qui y étaient entreposées.

Toutefois, l'explosion, apparemment accidentelle, de mercredi soir, a contraint les conspirateurs à revoir leurs plans à la baisse pour organiser à la hâte des opérations plus "rudimentaires", a expliqué le chef de la police.

La police a arrêté quatre personnes âgées de 21 à 34 ans, en lien avec les deux attaques de Catalogne : trois Marocains et un Espagnol de Melilla, enclave espagnole au Maroc, a indiqué Josep Lluis Trapero. Aucune de ces personnes n'a de passé lié à des affaires de terrorisme, a-t-il ajouté.

Les autorités ont en outre émis des mandats d'arrêt concernant quatre autres personnes, a-t-on appris de source judiciaire. Selon La Vanguardia, journal de Barcelone, les quatre personnes recherchées sont d'origine marocaine et sont âgées de 17 à 24 ans.

La police a indiqué par la suite que les cinq hommes tués à Cambrils avaient tous été identifiés. Selon l'agence de presse espagnole Europa Press, trois des quatre hommes recherchés par la police figuraient parmi les morts tandis que le quatrième est toujours en fuite.

Les enquêteurs espagnols estiment qu'une cellule de huit personnes, peut-être 12, pourrait être impliquée dans les attaques de Barcelone et de Cambrils.

Dans le cadre de l'enquête, la police espagnole a transmis aux autorités françaises le signalement d'un utilitaire blanc de location indique Le Parisien vendredi soir. D'après le quotidien français, le véhicule en question, un utilitaire Renault Kangoo blanc, aurait été loué par des personnes recherchées par la police espagnole à la suite de ces deux attaques.

Le roi Mohammed VI du Maroc a envoyé ses condoléances à l'Espagne. Le président américain Donald Trump s'est entretenu avec le président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy alors qu'il se trouvait à bord de l'Air Force One.

(Avec Julien Toyer, Sarah White, Andres Gonzalez, Silvio Castellanos et Kylie MacLellan; Bertrand Boucey, Tangi Salaün, Gilles Trequesser et Danielle Rouquié pour le service français)

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