L'Espagne continue les expulsions à Ceuta, l'afflux de migrants ralentit

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L'ESPAGNE CONTINUE LES EXPULSIONS À CEUTA, L'AFFLUX DE MIGRANTS RALENTIT

par Jon Nazca et Mariano Valladolid

CEUTA (Reuters) - Les autorités espagnoles ont procédé mercredi à des expulsions massives de migrants de l'enclave de Ceuta située sur la côte nord-africaine après l'arrivée de milliers de personnes depuis le Maroc en début de semaine.

Environ 4.800 personnes ont été renvoyées de l'enclave espagnole sur les 8.000 qui ont passé la frontière entre le Maroc et l'Espagne lundi et mardi, a annoncé le président du gouvernement Pedro Sanchez.

Les forces de sécurité sont intervenues des deux côtés de la frontière pour empêcher d'autres personnes de traverser.

"Nous procédons au renvoi immédiat de ceux qui sont entrés illégalement", a déclaré Pedro Sanchez aux députés espagnols.

Alors que l'afflux de migrants a ralenti ce mercredi, des militaires et des policiers espagnols ont raccompagné directement certains d'entre eux venus à la nage tandis que la police marocaine tenait des centaines de jeunes hommes éloignés de la frontière.

Le dirigeant de l'enclave espagnole avait auparavant critiqué la passivité des autorités marocaines de leur côté de la frontière, y voyant des représailles à l'hospitalisation en Espagne d'un chef rebelle du Sahara occidental.

Le ministre marocain chargé des droits de l'homme, Mustapha Ramid, a laissé entendre mercredi que Rabat était en droit d'assouplir les contrôles frontaliers après cette hospitalisation de Brahim Ghalidu, le chef du Front Polisario, mouvement indépendantiste du Sahara occidental.

"Qu'est-ce que l'Espagne attendait du Maroc, qui voit son voisin accueillir le chef d'un groupe qui a pris les armes contre le royaume ?", a-t-il écrit sur Facebook.

"Le Maroc a le droit de se pencher et de s'étirer les jambes (...) pour que l'Espagne sache que sous-estimer le Maroc coûte cher", a-t-il ajouté.

Pedro Sanchez n'a pas établi de lien entre l'entrée massive de migrants et l'hospitalisation de Brahim Ghalidu en Espagne, qualifiant le Maroc de pays ami, tandis que le ministère de l'Intérieur a salué la coopération de Rabat sur le retour de ses ressortissants.

La ministre des Affaires étrangères, Arancha Gonzalez Laya, a déclaré mercredi que l'Espagne avait toujours été "extrêmement prudente" sur le dossier sensible du Sahara Occidental, ajoutant que Madrid n'avait jamais eu l'intention de donner à l'hospitalisation du chef du Front Polisario "un caractère agressif".

Selon une source diplomatique, Rabat a rappelé son ambassadeur à Madrid pour des consultations. Les autorités marocaines n'ont pas répondu aux demandes de commentaires.

(Inti Landauro et Cristina Galan à Madrid, version française Laetitia Volga, édité par Bertrand Boucey)

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