L'Espagne confirme la possibilité d'avorter pour les filles de 16 et 17 ans sans le consentement des parents

Une victoire pour le camp pro-IVG en Espagne. Dans une décision rendue ce mardi 18 juin, le Tribunal constitutionnel a validé une réforme du droit à l'avortement qui prévoit que les adolescentes de 16 et 17 ans puissent interrompre leur grossesse sans le consentement de leurs parents.

Selon la Cadena SER, les juges ont approuvé le texte à sept voix contre quatre, rejetant ainsi un recours formulé par le parti d'extrême droite Vox.

Adoptée en 2022, la réforme de la loi sur l'avortement abrogeait un amendement du parti conservateur voté en 2015 qui obligeait les jeunes de 16 et 17 ans à recueillir l'accord de leurs parents ou tuteurs légaux. Cet amendement venait lui-même limiter la loi de légalisation de l'avortement de 2010 qui ne comportait pas de notion de consentement parental.

Fin du délai de réflexion

En Espagne, l’avortement a été dépénalisé en 1985 avant sa légalisation en 2010. Les femmes peuvent avorter librement jusqu’à la quatorzième semaine de grossesse et avoir ensuite recours à l’IVG sous certaines conditions.

Mais dans ce pays de tradition catholique, l'effectivité du droit à l'IVG n'est pas toujours garantie. La réforme du gouvernement de Pedro Sanchez oblige tous les hôpitaux à se doter d'un service pouvant réaliser des IVG et crée un registre des personnels de santé qui vont valoir leur clause de conscience.

Le texte supprime également l'obligation d'informer les femmes sur les prestations et aides à la maternité, tout comme le délai de réflexion de trois jours avant un IVG.

Article original publié sur BFMTV.com