Tirs de mortier de Gaza sur Israël qui riposte

par Amir Cohen et Nidal al-Mughrabi
Des restes d'obus dans un kibboutz proche de la frontière israelo-palestinienne. Plusieurs dizaines d'obus de mortier et de roquettes ont été tirés en plusieurs salves mardi de la bande de Gaza en direction du sud d'Israël, la plus violente attaque de ce type depuis la guerre de 2014, a annoncé l'armée israélienne. /Photo prise le 29 mai 2018/REUTERS/Amir Cohen

par Amir Cohen et Nidal al-Mughrabi

À LA FRONTIÈRE GAZA-ISRAEL (Reuters) - Plusieurs dizaines d'obus de mortier et de roquettes ont été tirés en plusieurs salves mardi de la bande de Gaza en direction du sud d'Israël, la plus violente attaque de ce type depuis la guerre de 2014, a annoncé l'armée israélienne.

Trois soldats israéliens ont été blessés par des éclats, précise-t-elle.

"Un barrage de 25 obus de mortier a été tiré en direction de plusieurs sites sur le territoire israélien. La plupart de ces tirs ont été interceptés par le système de défense aérienne Dôme de Fer des IDF (Forces de défense israéliennes)", avait précisé dans la matinée un communiqué de Tsahal, après les premiers tirs.

L'un des obus est tombé dans la cour d'une école maternelle, dont les murs ont été frappés par des éclats, une heure avant l'ouverture des classes, a constaté un photographe de Reuters.

Peu auparavant, les sirènes d'alarme annonçant de possibles tirs avaient été déclenchées dans le sud du pays, poussant la population à se réfugier dans les abris.

Israël a riposté en menant des frappes aériennes contre au moins sept installations appartenant au Hamas ou au groupe Djihad islamique, ont rapporté des habitants de Gaza. Aucune victime n'a été signalée dans ces attaques.


LA MARINE ISRAÉLIENNE INTERCEPTE UN NAVIRE

Dimanche, après la découverte d'un engin explosif près de la "clôture de sécurité", des tirs de char israélien ont tué trois combattants du Djihad islamique.

Un porte-parole militaire israélien, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus, a indiqué que les tirs palestiniens, les plus massifs depuis quatre ans, avaient entraîné "la plus importante riposte" de Tsahal dans le secteur depuis la guerre de 2014 qui avait duré sept semaines.

Les branches armées du Hamas et du Djihad islamique ont revendiqué la responsabilité des tirs, indiquant qu'il s'agissait d'une réponse aux dizaines de Palestiniens tués par l'armée israélienne à la frontière israélienne.

"Les Brigades Ezzedine al Qassam (la branche armée du Hamas) et Al Qods (celle du Djihad islamique) annoncent conjointement leur responsabilité pour avoir bombardé des installations militaires (israéliennes) et des colonies près de Gaza avec des dizaines de tirs de roquettes tout au long de la journée", disent-elles dans un communiqué.

Depuis la fin mars, 116 Palestiniens ont été tués et des milliers d'autres blessés par des tirs à balles réelles lors de manifestations à la frontière pour réclamer le "droit au retour" des réfugiés palestiniens.

Les organisateurs de ces manifestations ont annoncé qu'ils allaient appareiller mardi un bateau de la bande de Gaza afin de défier le blocus maritime imposé par les Israéliens à la petite enclave côtière, où vivent plus de deux millions de personnes.

La marine israélienne a annoncé qu'elle avait intercepté ce navire, avec 17 personnes à bord, et que l'intervention s'était déroulée sans incidents majeurs.


(Avec Ari Rabinovitch; Henri-Pierre André, Guy Kerivel et Arthur Connan pour le service français)