Les roux seraient-ils moins sensibles à la douleur ?

Johanna Amselem
·2 min de lecture
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Une étude a révélé que les cellules cutanées responsables de la pigmentation permettent de déterminer le seuil de douleur d'une personne.

Les roux sont-ils plus tolérants à la douleur ? Les blonds sont-ils plus sensibles ? Des affirmations qui semblent dénuées de sens, et pourtant, une récente étude s’est intéressée à ces corrélations. Une nouvelle recherche, menée par des chercheurs du Massachusetts General Hospital (Etats-Unis), explique pourquoi les personnes aux cheveux roux présentent une sensibilité altérée à certains types de douleur. Les résultats ont été publiés dans Science Advances.

Dans un communiqué, les chercheurs expliquent que chez les personnes aux cheveux roux, les cellules pigmentaires de la peau contiennent une variante du récepteur de la mélanocortine 1. À cause d’une mutation génétique, les personnes rousses ont une version défectueuse d'un récepteur clé. Ainsi, ils ne parviennent pas à fabriquer de pigment afin d’obtenir un bronzage. "Ce récepteur se trouve à la surface de la cellule et s'il est activé par des hormones en circulation appelées mélanocortines, il fait passer le mélanocyte de la production de pigment de mélanine jaune/rouge à la production de pigment de mélanine brun/noir".

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Améliorer la perception de la douleur

Afin de déterminer les mécanismes derrière les différents seuils de douleur chez les personnes aux cheveux roux, les chercheurs ont étudié une souche de souris aux cheveux roux. Cette souche contient une variante dépourvue de la fonction de récepteur de la mélanocortine 1. "L'équipe a découvert que la perte de la fonction du récepteur de la mélanocortine 1 chez les souris rousses a amené les mélanocytes des animaux à sécréter des niveaux inférieurs d'une molécule appelée POMC qui est ensuite coupée en différentes hormones, dont une qui sensibilise à la douleur et une qui bloque", résume le communiqué diffusé par l’équipe.

Concernant la gestion de la douleur, les chercheurs précisent que ces hormones maintiennent l’équilibre entre les récepteurs qui inhibent la douleur et ceux qui améliorent sa perception. "Ces résultats décrivent le mécanisme derrière les preuves antérieures suggérant des seuils de douleur variés dans différents milieux de pigmentation. La compréhension de ce mécanisme permet de valider ces preuves antérieures et une reconnaissance précieuse pour le personnel médical lorsqu'il s'occupe de patients dont la sensibilité à la douleur peut varier", résume David E. Fisher, directeur du programme de mélanome du Mass General Cancer Center et directeur du centre de recherche en biologie cutanée de l'HGM. "Nos travaux en cours visent à élucider comment des signaux supplémentaires dérivés de la peau régulent la douleur et la signalisation des opioïdes. Comprendre ces voies en profondeur peut conduire à l'identification de nouvelles stratégies de modulation de la douleur", ajoute le co-auteur Lajos V. Kem ény, chercheur en dermatologie.

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