Les questions de société ne sont pas prioritaires, dit Macron

Emmanuel Macron estime, dans une interview à La Croix à paraître lundi, que les questions de société ne sont pas prioritaires et prévient qu'il ne se précipitera pas pour légiférer, notamment sur la question de la fin de vie. Les questions éthiques de société "ne sont pas prioritaires sur le plan de l’action politique", estime le candidat du mouvement "En Marche!" à l'élection présidentielle d'avril-mai dans les colonnes du quotidien. /Photo prise le 8 mars 2017/REUTERS/Gonzalo Fuentes

PARIS (Reuters) - Emmanuel Macron estime, dans une interview à La Croix à paraître lundi, que les questions de société ne sont pas prioritaires et prévient qu'il ne se précipitera pas pour légiférer, notamment sur la question de la fin de vie.

Les questions éthiques de société "ne sont pas prioritaires sur le plan de l’action politique", estime le candidat du mouvement "En Marche!" à l'élection présidentielle d'avril-mai dans les colonnes du quotidien.

"Il faut sortir d’une espèce de dogme où le politique pourrait décider de tout et aurait vocation à trancher des sujets éthiques, sociétaux, parfois anthropologiques", poursuit-il. "Le rôle d’un président de la République est de donner un cadre aux débats sur ces sujets et de s’assurer que la société mûrit."

"Je considère que la priorité dans l’action à venir n’est pas dans la réouverture de ces débats. Elle est dans la transformation économique et sociale du pays, dans la modernisation de l’action publique et dans une initiative forte au niveau européen."

Sur la question de la fin de vie, l'ancien ministre de l'Economie de François Hollande estime que "céder aux oukases des uns ou des autres n'est pas une bonne chose".

"Il faut tirer les enseignements des cas spécifiques aujourd’hui débattus, respecter les convictions personnelles et religieuses de chacun, entendre aussi ce que disent les professionnels de santé", dit-il.

"Le cadre actuel de la loi permet déjà à chacun d’exprimer ses volontés, il faut que cela soit expliqué et utilisé pleinement, ce qui n’est pas encore le cas."

"Je suis favorable à ce que ce débat avance mais je ne me précipiterai pas pour légiférer", indique Emmanuel Macron.

Quant à la question de la gestation pour autrui (GPA), il assure qu'il n'ouvrira pas ce débat mais juge nécessaire de clarifier la circulaire sur les enfants nés ainsi à l'étranger afin d'éviter des "situations absurdes de non-droit".

Le quinquennat de François Hollande a été marqué sur le plan sociétal par l'adoption de la loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples de même sexe - qui a provoqué de nombreuses manifestations - et par l'adoption à l'unanimité d'une loi sur la fin de vie instaurant un droit à la "sédation profonde et continue".

Fin février, Emmanuel Macron avait provoqué un tollé à gauche et chez les associations LGBT en déclarant que les adversaires du mariage homosexuel avaient été "humiliés" lors du quinquennat de François Hollande. Face à l'indignation soulevée par ses propos, il avait par la suite assuré que la communauté homosexuelle "trouverait toujours en [lui] un défenseur".

(Marine Pennetier, édité par Jean-Stéphane Brosse)

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